Rondel de l’Adieu
Partir, c’est mourir un peu,
C’est mourir à ce qu’on aime :
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.
C’est toujours le deuil d’un vœu,
Le dernier vers d’un poème;
Partir, c’est mourir un peu,
C’est mourir à ce qu’on aime.
Et l’on part, et c’est un jeu,
Et jusqu’à l’adieu suprême
C’est son âme que l’on sème,
Que l’on sème en chaque adieu :
Partir, c’est mourir un peu.
Edmond Haraucourt, poème « Rondel de l’Adieu » dans le recueil « Seul » 1890
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