Choisir son aventure

« La richesse d’un voyage nécessite, en amont, la densité d’une préparation ».

« Un bon voyageur n’a ni plans établis ni destination » (Lao Tseu).

Avec ou sans finalement quelle importance?  Il s’agit d’un choix personnel qui peut en outre changer au fil du temps et des envies. Mais chez moi, sans conteste, c’est avec ! C’est la manière qui me convient et me ravi.

J’ai ce besoin de connaître où je vais poser mes pieds. Peut-être cela répond il a un besoin d’avoir le sentiment de contrôler la situation et d’apprivoiser mon environnement?

Peut-être est-ce une déformation dû à ma condition de femme au foyer et mère rompue à l’art de la gestion et de l’organisation, accoutumée à faire face à une charge mentale bien intense où l’efficacité est une question de survie, un réflexe qui devient par la force des choses une seconde nature ?

Peut-être aussi parce que j’ai sous ma responsabilité des jeunes dont le père et la famille sont restés au pays et que par là même je me dois doublement de veiller sur leur sécurité ? Peut-être…

Mais au-delà de tout ceci, c’est d’abord et avant tout parce que cela suscite en moi ravissement, jubilation et enchantement.

Pour moi, un voyage commence avant le départ. Le rêver, l’imaginer, promener mon regard sur les cartes, y déambuler, établir des connexions, chercher des chemins, revenir sur ses pas, en essayer un autre, … bref, créer !

Lire, fouiller, fouiner et finir par découvrir une piste, une perle, une idée, un lieu…

La joie m’emporte bien souvent comme un petit enfant qui a soif d’apprendre, de découvrir et à qui, contre toute attente, s’offre à lui une trouvaille inattendue, excitante. Je sens alors monter en moi l’impatience d’y aller, de vivre cet endroit et de le partager… Partir

« Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues »

J. Kessel

Préparer un voyage est un engagement dans le sens où je m’y engouffre, c’est un investissement personnel qui prend du temps mais qui est vécu comme un cadeau fait à soi-même, une soif, une joie qui satisfait ma curiosité insatiable…

Aussi j’aime beaucoup lire des romans d’auteurs du pays visité car cela me permet de ressentir l’âme du lieu, de l’appréhender et m’immerger de manière plus subtile. Cela m’aide et enrichit mon voyage.

J’aime à penser qu’effectuer ce travail préalable, imaginer et rêver ce futur voyage avec une bonne énergie créatrice conditionne et favorise de manière positive et subtile la réussite de celui-ci. C’est un peu la loi du rayonnement et de l’attraction. Ne dit-on pas que toute pensée ou idée précède toujours la concrétisation, l’action ?

Pour vivre une aventure, il faut d’abord la rêver, choisir ce que l’on veut vivre. On est créateur de notre réalité et l’imagination est un puissant catalyseur qui permet ensuite de faire place à la réalisation et l’accomplissement de ce rêve, de cette idée…

Les aventuriers de l’extrême qui partent sans bouée de sauvetage et plongent dans l’inconnu et dans des milieux parfois vraiment hostiles à l’homme ont eux aussi avant leur départ réalisés une préparation minutieuse, intense et rigoureuse sans quoi ils n’auraient pas la capacité de réussir leur exploit. Ils créent leurs conditions de réussite et cela leur permet ensuite de se jeter à l’eau et voyager ainsi à l’instinct.

Car oui, une fois tout ce travail préparatoire accompli, il faut pouvoir tout oublier, renoncer aux livres, aux documents, aux pages consultées sur le net, ne plus y songer, faire place à l’envie d’y aller, à la découverte, à l’improvisation, laisser parler l’instinct, avoir l’esprit ouvert et en alerte et partir vivre l’expérience. Confronter le réel et le rêve, l’endroit désiré, convoité entrevu par les mots, les images, les témoignages, … sans vouloir non plus faire coller ces deux réalités.

Aussi pour le prix d’un voyage j’en ai trois ! Je voyage lors de sa préparation, une fois sur place et lorsque je retranscris mon vécu, mes ressentis, mes sensations et émotions.

Comme le dit justement Sylvain Tesson :

« En écrivant le soir, le voyage continue sa route sur une autre surface, il prolonge son avancée sur le plan de la page. Terrain d’aventure. Terrain d’écriture ».

Un voyage finalement n’en finit jamais…
Tout cela étant dit, cela ne m’empêche pas de vivre l’expérience de l’improvisation qui elle aussi a ses saveurs et ses joies !

Vous pourriez être tentés par mes circuits en train via ce lien.

N’hésitez pas à lire mon article « Livre pour voyager et s’inspirer« , vous y trouverez quelques pistes de lecture pour vous préparer et vous imprégner des lieux avant de partir…

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *