Au-delà de nos ressemblances…
L’homme est partout semblable à l’homme mais on ne se rend pas toujours compte à quel point l’environnement (tout comme la culture) peuvent influer sur les personnes…
Voici deux extraits, certes d’une époque révolue, mais que je trouve parlant, …
Goethe
Extrait de « Voyage en Italie »
« Les gens du Nord (sont) obligés de s’inquiéter non seulement pour le jour et l’heure, mais aussi, dans les beaux jours, pour les mauvais et, en été, pour l’hiver. L’homme du Nord étant contraint par la nature à la prévoyance, aux approvisionnements; la mère de famille devant saler et fumer la viande, afin de fournir la cuisine toute l’année; l’homme ne devant pas négliger de faire provision de bois, de blé, de fourrage pour le bétail, il en résulte que les plus belles heures et les plus beaux jours sont dérobés à la jouissance et voués au travail. Pendant plusieurs mois, on se trouve bien d’éviter le grand air, on cherche dans les maisons un abri contre l’orage, la pluie, la neige et le froid ; les saisons se succèdent sans cesse, et quiconque ne veut pas périr doit devenir ménager. Car il ne s’agit pas là de savoir si l’on veut se passer des choses, on ne doit pas le vouloir, on ne saurait le vouloir, parce qu’on ne peut s’en passer. La nature force à l’action, aux précautions. Assurément, ces influences naturelles, qui restent les mêmes pendant des milliers d’années, ont déterminé le caractère, à tant d’égards respectables, des peuples du Nord. À l’inverse, (…) le ciel s’est montré plus clément pour les peuples du Sud. (…) Ici, un homme déguenillé n’est pas un homme nu ; celui qui n’a pas de maison à lui ni d’habitation louée, mais qui, en été, passe la nuit sous les avant-toits, sur le seuil des palais et des églises, dans les bâtiments publics, et, en cas de mauvais temps, se gîte quelque part pour un chétif salaire, n’est pas pour cela rejeté et misérable ; un homme n’est pas pauvre parce qu’il n’a pas songé au lendemain. Si l’on considère quelle masse d’aliments offre la mer poissonneuse, des produits de laquelle ces gens doivent, selon la règle, se nourrir un certain nombre de jours par semaine ; avec quelle abondance on peut se procurer, en chaque saison, toute espèce de fruits et de plantes potagères ; que la contrée où Naples se trouve a mérité son nom de Terra di Lavore (ce qui ne veut pas dire Terre de labeur, mais Terre de labour) ; qu’enfin toute la province porte depuis des siècles le nom honorable de Campa fina felice, on comprendra bientôt comment il peut être facile d’y vivre. »
Pline l’Ancien
Extrait de «Histoire naturelle» sur l’Italie
« Cette contrée est si heureuse, si charmante, si fortunée, qu’on y reconnaît manifestement l’œuvre favorite de la nature. Car cet air vivifiant, ce ciel, d’une douceur toujours salutaire, ces champs si fertiles, ces collines si radieuses, ces forêts si innocentes, ces bocages si touffus, ces champs, de vignes, d’oliviers fertiles, de troupeaux aux riches toisons, de taureaux bien nourris, tant de lacs, une si grande richesse de rivières et de fontaines, qui l’arrosent tout entière ; tant de mers, tant de ports ; cette terre qui, de toutes parts, ouvre son sein au commerce, et, comme pour favoriser les mortels, s’avance elle-même à plaisir dans la mer ! ».
On pourrait encore développer, tout est loin d’être dit mais ce sera tout pour aujourd’hui, il fait froid chez moi, j’ai du bois à ranger!
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