Nos Tops et Flops ou comment faire un bilan de notre voyage
Nous avons pris l’habitude pour chaque voyage, au moment où l’on entame notre dernière ligne droite pour rentrer, de dresser une sorte de petit bilan de ce que l’on a vécu.
On l’a baptisé « Nos tops et flops ».
Ils sont devenus un moment attendu qui permet de réfléchir sur ce que l’on a vécu, ce que l’on a appris sur soi, les autres, le monde, en quoi nous sommes plus riches d’avoir fait ce voyage loin de notre lieu de vie familier et quelles leçons on en retient.
Ils sont aussi l’occasion de préparer en douceur et de manière joyeuse, la transition vers la fin de notre voyage et de pointer ce qui a ou n’a pas fonctionné et que l’on pourrait améliorer par la suite.
Ils permettent également de se nourrir d’un sentiment d’accomplissement et de prendre conscience que nous avons eu beaucoup de chance de réaliser cette aventure.
Et enfin, ils sont l’occasion de réjouir et faire sourire notre famille. Car oui, c’est aussi, pour la famille qui nous suit, un moment attendu avec impatience: « Vous avez déjà fait vos tops et flops? ». Voilà l’occasion de leur offrir un bouquet final vivant et savoureux. Ils sont souvent pour eux, l’occasion de rire un peu (surtout avec nos flops) et de mieux cerner ce que ce voyage nous a apporté.
Tops et Flops, mode d’emploi
Lorsque nous voyageons, notre aventure est conjuguée au temps présent. On a du coup, parfois, très rapidement oublié certains événements. Pour dresser nos tops et flops, nous reprenons le déroulé de notre voyage grâce à nos steps et photos consignés dans Polarsteps (une application que j’aime beaucoup pour moi et mes proches). Parfois lorsqu’il nous arrive quelque chose de plus particulier, nous nous exclamons: « Ah ça, ce sera à mettre dans nos tops » (ou nos flops selon l’événement)!
Nous avons pris également l’habitude d’y ajouter quelques petits plus:
« Ce dont on est le plus fier »
« Pour ce voyage, l’image qui nous vient lorsque nous fermons les yeux »
« Ce que l’on a appris »
« Ce que l’on a fait pour la première fois de sa vie »…
Les tops
Dans nos tops nous consignons nos moments importants, agréables, nos succès, nos découvertes ou rencontres incroyables, insolites, inattendues, les paysages qui nous ont marqués, les meilleurs souvenirs, les gros coups de coeur…
Il s’agit bien souvent de petits riens, un sourire, un mot gentil, d’instants fugaces, de moments suspendus, légers…
Quelques exemples?
Nos meilleurs tops sont faits de bonheurs simples. Bien souvent le moment nous suffit car tout est là…
Cela peut être faire sécher son linge comme les Italiens, rencontrer sur un chemin de montagne deux bergers promenant leur chèvre à l’aide d’une corde et recevoir d’eux l’un des plus beaux sourires jamais eus! Avoir la ville rien que pour soi en se levant très tôt le matin, les couleurs d’automne, marcher le long de l’eau, perdre son regard au loin, le bleu des montagnes, la nourriture savoureuse et généreuse, un bon café, les discussions avec mes enfants autour d’un bon repas dans un bel endroit, une douce mélodie provenant du son d’un harmonica qui se mêle sereinement au son des vagues et au chant des oiseaux, ô temps suspends ton vol!
Surprendre aux aurores et du dehors le chant cristallin venant d’une petite église d’Assise ou de Locorotondo, recevoir de mon fils trois sucettes achetées en cachettes à la Bremer Bonbon Manufaktur, les meilleures de ma vie! Découvrir, toujours grâce à mon fils, la poussée d’Archimède dans un centre thalasso: inspirer un maximum d’air, lever les pieds: on flotte! Expirer un maximum d’air, lever les pieds: on coule! Waouh, génial! Diable, si les cours à l’école pouvaient passer ainsi par l’expérience comme on y gagnerait en intensité et joie d’apprendre!
Prendre un train de nuit, pleurer d’émotion notre guide et nous sur un événement qui nous rassemble… Les enfants vous diront aussi: le soleil, découvrir les spécialités sucrées de chaque pays visité: le trdelnik, les chocolats Mozart, les viennoiseries françaises, le tiramisu italien, le nougat de Sardaigne, tous les bonbons d’ici ou d’ailleurs… Tivoli à Copenhague bien sûr, le marché de Porta Portese à Rome mais aussi des promenades magnifiques, des musées interactifs, les biergarten d’Allemagne, la rencontre avec les oliviers dans les Pouilles, ah oui, le Vasa aussi à Stockholm, enfin beaucoup de petits bonheurs qui font le sel de la vie pour peu qu’on leur prête attention et que l’on en prenne conscience!
Les flops
Pour nos flops nous y indiquons nos échecs, nos moments désagréables, nos déconvenues et autres déceptions, nos limites rencontrées, nos difficultés, ce que l’on n’a pas aimé, nos pires souvenirs, nos mauvaises surprises, nos peurs, nos galères, nos exaspérations…
Ce qui a de bien avec les flops, c’est que bien souvent on se rend compte (après coup bien sûr!) que rien n’est insurmontable.
Qu’un flop est une anecdote qui, avec le temps (jamais sur le moment même on est bien d’accord!), se transforme en une aventure mémorable et savoureuse que l’on pourra raconter encore et encore lors des réunions familiales.
Finalement cela nous amène à acquérir davantage de confiance en sa capacité à surmonter les difficultés et aussi en la vie car cela nous permet de conscientiser qu’un voyage est forcément fait de tops et de flops (tout comme la vie), qu’il n’est jamais tout blanc ou tout noir, qu’il ne doit pas être parfait pour être réussi et que malgré les embûches et les difficultés, il peut et est, au final, une réussite!
On en retire donc un certain regard sur la vie et sur la manière de l’appréhender qui est plus constructif. On acquiert cette capacité à avoir du recul face aux événements, une meilleure capacité à analyser les situations et à les dédramatiser, à être plus créatifs pour se sortir d’un mauvais pas grâce à cette confiance acquise que l’on peut y arriver, qu’une solution pourra être trouvée. Et aussi, on n’est pas belge pour rien, d’acquérir une petite dose d’autodérision sur ce genre de couacs!
Nos pires flops
Commençons par les trains de nuit: il y a les odeurs douteuses d’un certain ventre qui a mangé beaucoup (trop!) de bonbons et qui a eu du mal tout au long d’un voyage en train couchette! Ou encore les punaises de lit sur un voyage Marseille-Bruxelles…
Récemment j’ai emmené ma fille et son cousin à Paris (qui n’avait encore jamais vu la ville). J’avais logé chez lui en banlieue bruxelloise. Nous avons pris le train très tôt le matin pour rejoindre la capitale et prendre notre Eurostar. Mais, petite devinette: qu’arrive-t-il quand on est distrait? On rate son arrêt et au lieu d’arriver 5 minutes après le départ à Bruxelles on se retrouve 25 minutes plus tard à Malines! On rate son train Eurostar aussi!
Au début on n’a pas compris d’où venait l’erreur! On était bien à l’avance, on a attendu gentiment sur les quais que notre train arrive, on est monté dans le bon train mais là où ça a buggé, c’est que nous avons tous plongé sur nos écrans, moi pour vérifier les tickets et les places attribuées dans notre TGV, mes jeunes pour se faire une petite partie en ligne vite fait bien fait! Le hic c’est que je n’ai pas pensé que l’ordre des gares d’arrivée à Bruxelles était inversé: venant de Namur j’ai droit à Bruxelles-Luxembourg, Bruxelles-Schuman, Bruxelles-Nord, Bruxelles-Central et enfin gare terminus Bruxelles-Midi! Or nous venions de la banlieue où la première gare était justement Bruxelles-Midi! Lorsque j’ai levé mes yeux et compris ce qu’il se passait, il était déjà trop tard! J’ai été bonne pour acheter trois nouveaux tickets Eurostar pour éviter de trop fortes déceptions! Voilà, c’est bête et coûteux mais ça nous apprendra!
Il y a aussi les erreurs de jeunesse:
Pour vouloir économiser le prix d’un taxi à New-York, j’ai préféré prendre au milieu de la nuit, le métro avec une correspondance au sein de Times Square dont les couloirs de liaisons m’ont paru longs et interminables. Jeune femme d’une vingtaine d’années, seule au beau milieu de la nuit dans le métro New-Yorkais avec un sac à dos de 15 kg sur le dos, je n’en menais pas large! Il n’aurait pas fallu faire de mauvaises rencontres à ce moment-là, dieu merci les couloirs étaient absolument vides, très impressionnants!
Autre erreur de jeunesse, au Mexique cette fois. Je pris un bus avec les autochtones et les dindons pour rejoindre le site de Palenque. Après avoir exploré le temple je ne pus résister à l’envie d’aller goûter à la jungle tout à côté. Trop bête tout de même d’être si proche et de ne pas la visiter elle aussi!
Je m’y engage donc et commence à marcher tranquillement mais je n’aurai pas dû aller loin avant d’y rencontrer un indigène qui ne tarda pas à m’accoster et me demander en espagnol si je voyageais seule. Je comprends à l’instant ma bévue et lui baratine que non je ne suis pas seule mon ami me suit un peu plus loin. Il ne tarde pas à comprendre que oui je voyage bien seule! Ni une ni deux, j’esquive son accroche et commence à courir comme jamais pour rejoindre l’orée de la jungle. Mais ma course fait du bruit et voilà que je dérange cette forêt tropicale, les singes hurleurs aux cris rauques (que, sur le moment même, je prendrai pour des jaguars) se font entendre tout au long de ma traversée mêlés aux sons stridents et métalliques des cigales. Je ne cesse de murmurer « Maman, maman »! Heureusement je suis bonne coureuse, je n’aurai pas été poursuivie et j’arriverai à la lisière essoufflée mais saine et sauve. Je l’aurai eue mon expérience de la jungle avec, en prime, une belle frayeur!
Lors de notre voyage en Suède nous avons pris le ferry et consacré une journée à batifoler sur l’île de Grinda.
Trois robinsons tout joyeux avec, au menu, exploration et pique-nique sur un rocher. Nous sommes les seuls sur l’île, hormis un couple qui a lui aussi débarqué mais que nous n’aurons pas croisé de toute la journée.
Mais il commence à se faire tard, il est temps de songer au retour. Encore dix mètres et nous pourrons embarquer et là, mon fils se penche vers un objet au sol, il le ramasse et me le tend: « Ce n’est pas ta carte bancaire maman? ». Gloups, oui c’est bien ma carte, elle sera restée là toute la journée et, sans le regard de mon fils, elle y restait pour l’éternité!
« Un café s’il vous plaît »!
Oups, trop tard, j’ai une fois de plus parlé trop vite! Rien à faire j’oublie qu’on n’est pas en Belgique mais bien en France ou en Italie! Moi qui aime un grand café au lait je me retrouve à chaque fois avec une petite larme toute noire au fond de ma tasse! Ô déception! Mais de tous les flops celui-ci reste le plus doux!!!
Je pourrais encore vous parler de cette fois où ma fille et moi se sont perdues de nuit en montagne, de mon forfait de téléphone en Suisse qui s’est mis à jouer comme ces machines à sous des fêtes foraines, et bien d’autres flops encore!
Mon fils pourrait aussi vous parler de la fois où il a vu « frites » sur le menu mais pas ce qui était juste à côté de ce nom: dorade! Un gros poisson avec têtes, yeux et nageoires dans son assiette, accompagné… de quelques frites! Et pensez-vous que cela lui ai servi de leçon à l’avenir? Non. À Stockholm il a lu en anglais veau et a commandé sans lire ce qui était attaché à ce nom qui en réalité était « foie de veau »! Il a goûté une fois, n’a pas trouvé cela a son goût, s’est dit que c’était peut-être lui qui avait un problème, a goûté à nouveau et là a confirmé que pour lui ce plat était bel et bien un flop!
Ma fille, quant à elle pourrait vous parler de la fois où nous avons dû courir avec nos gros sacs à dos dans la gare de Roma Termini à la recherche désespérée du bon endroit où attendait notre train ou encore lorsqu’elle oublia dans les Pouilles son téléphone, mis à charger la veille, au moment du retour en Belgique. Heureusement le propriétaire de la maison nous l’a gentiment renvoyé par la poste.
Pensez-vous que cela lui ai servi de leçon? Ben non, lors de notre voyage en Sardaigne elle nous a refait le coup, à la différence près que, cette fois, elle s’en est rendue compte plus vite. Elle a pu descendre du van et courir quelques centaines de mètres sur le chemin de montagne pour aller le rechercher! Heureusement nous avions une marge de temps suffisante pour le faire!
Tous les deux pourraient vous dire que le froid, la fatigue, les chevilles ou les pieds qui font mal sont tous des flops, qu’ils pourraient encore vous en raconter bien d’autres mais qu’ils ont appris à ne pas se décourager, qu’ils sont fiers d’avoir surmonté bien des difficultés et qu’ils sont prêts à recommencer, moi aussi!
Les tops flops, les flops tops et autres combinaisons
Et puis il y a les tops flops ou les flops tops ou même les tops flops tops ou encore un top pour l’un et un flop pour l’autre comme cette fois où, à Hambourg, les enfants voulaient à tout prix passer au magasin Haribo pour y dépenser leur argent de poche. Les bonbons, ce n’est pas trop mon truc. Je décide donc de les attendre en dehors du magasin. Résultat des courses, ils sortiront avec 5 kg de bonbons! Un véritable top pour eux un gros flop pour moi!!!
Parfois ce qui devait être un des tops du voyage se transforme en un des gros flops bien souvent pour la simple raison qu’il n’a pas pu se faire: un baptême de plongée, une balade magnifique par manque de temps ou mauvais temps ou parce que le soleil s’est couché trop vite, un musée fermé, un lieu en entretien, un créneau non disponible, un lieu momentanément inaccessible pour raison de panne ou autres, …
Parfois certains flops, par un retournement de situation, se transforment en tops, comme lors d’un retour de voyage où, fatigués, il nous restait à accomplir le dernier tronçon de notre voyage: Allemagne-Belgique. Les trains étaient tellement en retard en Allemagne que les correspondances étaient annulées les unes après les autres. Je commençais à envisager de réserver un hôtel en Allemagne lorsqu’une annonce à l’arrivée en gare fut faite in extremis: « Courez, votre train vous attend »! Top!
Ou cette petite mésaventure à Copenhague dans un ferry nous menant à Nyhavn. Je descends pensant que les enfants suivaient mais en réalité ils étaient restés scotchés à leurs écrans.
Tout s’est passé très vite, j’ai vu le gars refermer le pont et mes jeunes continuer leur route en bateau! Ok, ils sont grands, ils vont devoir gérer, descendre seuls au prochain arrêt et me rejoindre! Pas de panique!
Etant à Nyhavn, l’endroit parfait pour prendre un verre, je me suis installée à une terrasse, je leur ai envoyé l’adresse (vive les portables!) et j’ai profité de ce moment en les attendant! Ils ont dû avoir un coup de stress surtout qu’ils n’avaient presque plus de batterie, mais ils sont bien arrivés une demi-heure plus tard! Ils auront pu constater par eux-mêmes qu’ils sont capables de se débrouiller seuls, voilà une belle leçon d’autonomie et un flop qui se transforme en top!
Quelques autres petits « trucs et astuces » qui facilitent la vie en voyage
La météo intérieure
Chaque jour avant le coucher, nous partageons notre météo intérieure.
On commence par « C’est quoi ton pire moment de la journée? ». Ceci est l’occasion de déposer ce qui a été lourd ou difficile pour ne pas s’endormir là-dessus et ensuite, histoire de terminer sur une note positive, heureuse ou joyeuse: « C’est quoi ton moment préféré de la journée? » qui apporte un sentiment de gratitude et permet de davantage prendre conscience de la chance que l’on a de voyager et ainsi de s’endormir sereinement.
C’est d’ailleurs un rituel que j’ai toujours utilisé lors de la mise au lit, depuis que mes enfants étaient tout petits et qu’ils attendaient avec impatience, tout comme moi. Moment d’échanges, de partages, de dépose de petits ou grands soucis, de joies ou de petits bonheurs, de découvertes pour moi de leur quotidien, qui sans ce petit rituel, seraient passés inaperçus!
Jeu de hasard pour décisions rapides
Et enfin, pour terminer je ne résiste pas à vous faire part d’un moyen efficace et rapide lorsqu’il faut prendre une décision qui n’attend pas et que l’on n’est pas tous d’accord: jouer à « Pile ou face » ou « Pierre-papier-ciseaux »! Efficace et sans appel!
Et vous, racontez-nous vos meilleurs tops et vos pires flops!
Vous voulez en savoir plus sur nos tops et flops en voyage, n’hésitez pas à lire nos Circuits en train en Europe ou autres Escapades.
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