Circuit en train

Munich – Innsbruck – Garmisch-Partenkirchen – Prien am Chiemsee

7 jours – Octobre 2023

LES TRAINS

Pour ce circuit slow travel, voici les différents trains empruntés:

Jour 1: Départ: train Liège Guillemain-Francfort, TGV direct (+/- 2h15)

Train ICE direct Francfort-Munich (+/- 3h25)

Jour 2: Train direct Munich-Innsbruck DB (+/-1H45)  fin de journée.

Jour 4: Train direct Innsbruck-Munich DB (+/- 1H45) fin de journée

Jour 5: Train direct régional (RB) Munich-Garmisch-Partenkirchen (+/- 1H20) A/R

Jour 6: Train direct Munich-Prien am Chiemsee (+/- 55′) A/R

Jour 7: Train ICE direct Munich-Francfort

Train TGV direct Francfort-Liège.

Bon à savoir

Dans la gare de Munich les quais pour les trains régionaux sont situés non pas directement dans l’allée principale mais sur le côté, un peu en retrait.

Les trains en Allemagne accusent pour le moment bien souvent du retard, prévoyez assez de temps pour vos correspondances!

Vous pouvez également prendre le train de nuit Obb Nightjet Bruxelles (ou Liège-Guillemin)-Munich, 10h36′ de trajet. Attention: Arrêt à Munich Ost et pas HBF!

Pour bénéficier de la plus belle vue lorsque vous montez dans le train allant de Munich à Garmisch, installez-vous à gauche!

Gare de Liège Guillemins vue de haut sur les quais

Jour 1: Départ de Liège pour Munich

Liège

Lorsque notre voyage en train à travers l’Europe s’est terminé, je n’ai eu qu’une envie: recommencer, partir à nouveau sur les routes, rêver à de nouvelles connexions, de nouvelles aventures.

Je me suis donc mise à chercher un endroit pas trop loin, dépaysant où je n’étais jamais allée et où les enfants découvriraient de nouvelles expériences.

De fil en aiguille mes doigts se sont arrêtés sur l’Allemagne et l’Autriche, la Bavière et le Tyrol: va pour Munich et Innsbruck.

Munich pour sa richesse culturelle et plus subjectivement, parce qu’elle était chère à Paul Klee, peintre que j’affectionne particulièrement. Innsbruck, pour faire expérimenter la force des montagnes aux enfants qui jusqu’ici ne connaissent que son pendant: la mer.

A nouveau, pour me faire patienter, ma tête est repartie en voyage. J’ai durant des semaines lu, cherché des combinaisons, tenté de repérer des adresses gourmandes, des endroits à explorer… Préparer le voyage, faire un itinéraire, c’est le kif d’avant le départ: imaginer, rêver ce qu’on veut découvrir…

Aujourd’hui ce sont mes pieds qui prennent le relais et la poudre d’escampette. Nous voilà partis pour une semaine de découvertes et d’aventures! L’aventure! Ou tout du moins sortir, l’espace d’un instant de sa zone de confort, circuler, raviver davantage notre énergie vitale, quitter un temps nos vies si organisées et planifiées tout en acceptant qu’il y ait sur notre route un petit grain de sel qui se glisse dans le rouage… car le voyage est aussi fait d’incertitudes. Savoir qu’il peut changer nos plans, ça c’est l’aventure! Il nous apprend à nous adapter et à vivre au jour le jour. Et même si nous ne vivrons pas l’aventure avec un grand A, au moins pourrons-nous un moment être des globe-trotteurs vivant une micro-aventure. Je crains juste la pluie mais je tente de me raisonner en me répétant cette citation de John Ruskin:

« Le soleil est merveilleux, la pluie rafraîchissante, le vent fortifiant, la neige vivifiante; il n’existe pas de mauvais temps, juste différentes sorte de beau temps ».

John Ruskin

En route pour Munich!

Si l’on me demande ce qui résonne en moi à l’évocation du mot Allemagne, je répondrais spontanément : industries, technologies, voitures, puissance économique et suprématie au sein de l’Europe. Bref, rien de bien séduisant à mes yeux. J’ai bien fait quelques escapades à Cologne, Düsseldorf, Aix-la-Chapelle ou la vallée du Rhin étant plus jeune mais je n’en ai gardé que peu de souvenirs.
Si je prends le temps de réfléchir davantage à ce pays, me vient alors aussi en tête le Mur de Berlin et toute l’histoire allemande, sa richesse musicale, littéraire, artistique et philosophique, le romantisme allemand, le Bauhaus, Goethe, Schiller, Rilke, Herman Hesse, Bach, Haendel, Beethoven, Wagner, Nietzche, Einstein, Sissi et bien d’autres. Sans compter les paysages, les châteaux, les traditions propre à ce pays et là changement radical, je me dis que j’ai hâte de me mettre en route !

Depuis notre départ nous avons eu du retard à tous les trains! L’Allemagne en ce moment ce n’est pas génial question ponctualité des trains! Une chance en quelque sorte cela nous permet à chaque fois d’être dans les temps!

Il fait beau, nous avons petit déjeuner dans la gare de Liège et c’est d’humeur joyeuse que nous nous sommes installés dans le Tgv pour Francfort! Malgré la vitesse du train (285 km/h par moments!) nous n’avons pas eu notre train pour Munich. Ouf, un cachet a été apposé sur nos tickets et nous avons pu en prendre un autre! L’enjeu dans les gares c’est la vigilance, surtout lorsqu’ on y parle une langue étrangère! On a eu droit aux changements de voies de dernière minute, de partie de train allant à outsiplou et l’autre partie allant à Munich et de places réservées qui ne sont plus attribuées! Un petit coup de stress qui pimente la chose, on va dire …

Mais nous voici en route pour la dernière étape qui nous mènera à Munich. Nous sommes assis confortablement sur notre siège pour pratiquement 4h de trajet. Je suis parée avec ma revue « Bouts du monde » dans les mains, nous allons aussi pouvoir admirer le paysage qui défile sans plus se soucier des correspondances! 😮‍💨
Le trajet a été pour moi un vrai plaisir. J’aime savoir que le train m’emmène toujours un peu plus loin de chez moi, vers l’inconnu, la découverte… Cela me met en joie! J’aime me sentir dépaysée. Les trains croisés sont rouges et blancs, les stations ont des noms qui ne me disent rien: Benswein, Weinheim, Schützingen, Esslingen… ah Heidelberg ça je connais, j’avais pensé y faire une escale mais j’y ai renoncé, cela nous aurait contraints à courir et survoler davantage les autres lieux.

J’aime bien le mot Hauptbahnhof et sa sonorité! Sur de vieux panneaux et anciens immeubles j’y ai lu les mots « Biergarten » et « Bauhaus » oui je suis bien en Allemagne!

Après deux heures de voyage les paysages commencent à changer, je peux admirer de beaux coteaux, des tours clochers typiques, de jolies petites maisons colorées, des vallées et collines de plus en plus prononcées, le tout avec les si belles couleurs d’automne!

Seul bémol je suis séparée des enfants qui sont un peu plus loin, je n’ai pas pu être avec eux, discuter, jouer, les détourner des écrans et éviter le clash de la dernière heure… de trop pour eux🫣 c’est sûr à l’inverse de moi le trajet leur a semblé long!!! Il est 16h10, nous voici arrivés à Munich!

Homme en costume bavarois marchant de dos

Munich

Nous avons mangé à la brasserie Hofbrauhaus datant du XVIe siècle qui a notamment vu passer Mozart, Sissi, Lénine et Hitler. C’est ici que ce dernier fit adopter le programme du futur Parti nazi en 1920. Quelle ambiance! Parfait pour débuter ce séjour! Cette brasserie accueille jusqu’à 1000 personnes à la fois et d’autres en accueillent jusqu’à 8000! C’est pour l’Etat, via les taxes sur la bière, une importante source de revenus. Nous avons échappés de peu à l’Oktoberfest (fête de la bière et des traditions bavaroises, l’équivalant de nos Fêtes de Wallonie en XXL!) où 5 millions de touristes viennent à Munich.

Camion dont la bâche montre 4 bières typiques de Munich

Grâce aux libations, la ville réalise un chiffre d’affaire de 3 milliards d’euros par an! Pas étonnant que Munich soit une ville riche, très riche, avec énormément de milliardaires! Saviez-vous que tout munichois retraité reçoit, en plus de sa pension, des jetons de bière pour l’Oktoberfest?! Et lorsqu’on construisit l’Englischer Garten, l’un des plus grands parc du monde, les Munichois le délaissèrent lui préférant les brasseries et biergarten (littéralement les jardins de bière) !!!

A part cela nous avons goûter le fameux Bretzel qui nous sembla délicieux, tout comme la Münchner Weißwurst, la saucisse blanche servie avec de la moutarde sucrée finalement étonnement très légère! Le tout, accompagné de musique bavaroise qui mettait une véritable ambiance festive.

Nous voulions monter tout en haut du Neues Rathaus sur la Marienplatz pour y admirer la ville au coucher du soleil mais hélas l’ascenceur était en panne et ce n’était pas accessible! Nous avons toutefois pu assister au tournois des chevaliers et du « Glockenspiel » qui se joue tous les jours depuis 100 ans et est, encore aujourd’hui, actionné manuellement par un homme en haut de la tour.

Nous sommes aussi allés nous promener dans le Viktualienmarkt, le marché de Munich, un lieu charmant et atmosphérique où l’on peut, paraît-il, ressentir toute l’âme de Munich. Nous y sommes allés assez tard lorsque tout fermait, dommage, j’y aurais bien flâné davantage!

Jour 2: Munich et départ pour Innsbruck

Munich

Nous nous sommes remis en jambes ce matin après une nuit où l’on a dormi du sommeil du juste. Direction Mr. Pancakes pour un solide petit déjeuner… américain! Ben oui il paraît que c’est à « Mr. Pancake » qu’on mange les meilleurs pancakes… de Munich! Et nous confirmons, ils étaient délicieux!!! Nous sommes allés visiter le Residenz München, centre du pouvoir en Bavière où ont régné les Wittelsbach durant plus de 800 ans. Des pièces somptueuses en enfilades!
Après avoir tester une autre brasserie célèbre la Ratskeller où nous avons pris entre autre une petite soupe bien roborative, nous sommes allés au Lenbachaus, le musée où est rassemblé le plus grand nombre d’oeuvres du mouvement « Der Blaue Reiter » (Kandinsky, Franz Marc, Auguste Macke, Paul Klee…), Très belle collection, juste un peu déçue d’avoir très peu vu d’oeuvres de Paul Klee…

Nous voici à nouveau dans le train pour Innsbruck! C’est bon de faire une petite pause et se laisser emporter! Ça y est, les montagnes se laissent voir! Les paysages qui défilent sont si jolis, si typiques mais quelle tristesse de voir que les écrans sont plus désirables que ces incroyables vues…

Jour 3 et 4: Innsbruck

Nuit un peu difficile pour tous les trois. Pas grave un bon petit déjeuner va nous remettre d’aplomb pour la randonnée qui nous attend.

Durant notre voyage aux Cinque Terre, nous avons réalisé une marche entre deux des cinq villages. Avant de la faire j’avais des appréhensions quant à l’acceptation de cette activité avec les enfants, peur qu’ils rechignent, qu’ils se plaignent à tout bout de champ, que les chevilles fassent souffrir… Or, finalement, cette marche fut un des plus beaux moments vécus par tous les trois.

Marcher est, dit-on, une manière d’être au monde et de se donner de l’espace, d’y être mêlé et emmêlé. Marcher conduit à l’essentiel, c’est une expérience singulière qui, tout en mobilisant le corps, libère l’esprit. Marcher nous permet aussi de nous reconnecter à notre rythme naturel et cette lenteur permet de révéler des choses cachées par la vitesse.

« Le temps de l’occident est un courant d’air qui passe par la fenêtre de nos vies »

Sylvain Tesson

La marche est salvatrice, c’est une véritable bouffée d’oxygène surtout à notre époque. Vous pouvez faire le même sentier plusieurs fois sans jamais le voir pareillement! Vous y vivrai des moments de bonheur, de beautés suspendues et ô combien riches d’enseignements…

Groupe de marcheurs partant en montagne Innsbruck

Nous voilà donc tels trois baladins prêts à parcourir les sentes des montagnes d’Innsbruck en compagnie d’un guide local qui nous offre un « Free Tour » et nous emmène ce matin à l’Alpage.

Vue de la montagne sur la vallée et Innsbruck
Paysage de montagne avec sapins, ciel bleu et nuages blancs à Innsbruck
Innsbruck nuages en montagnes Tyrol

Nous avons marché en montagne plus de 4h, c’était très sympa, nous avons beaucoup appris grâce à notre guide local et avons passé une belle matinée, on a bu aussi l’eau pure de la montagne, une merveille! Juste que nous étions morts de faim et avons dîner passé 14h! Après cela les enfants n’ont pas eu le courage de visiter davantage de musées ou églises… La seule chose qui les bottaient, c’était le shopping!

magasin avec manequins portant les costumes traditionnels bavarois
Vitrine de magasin avec manequin portant un drindl Munich

Pour terminer la journée, nous allons assister au spectacle tyrolien de la famille Gundolf. Nous sortons du show plein d’entrain. Bien que le spectacle en soi peut être considéré comme « cliché » il est malgré tout de qualité, on sent la connivence entre les artistes et chose très agréable, ils sont tous très souriants et plein d’une belle énergie et d’une bonne humeur très contagieuse! Quel plaisir! Un vrai bon moment! Un coup de♥️.

Deuxième journée à Innsbruck avec, au programme, l’ascension de la Nordkette! Pour cela rien de tel qu’un bon petit déjeuner autrichien! Les confitures fabriquées par la porpriétaire du B&B Hotel Heimgartl étaient tout juste incroyables! J’ai goûté framboise-massepain et mangue-orange-vanille. Je me suis retenue pour ne pas toutes les tester!

assortiment de confitures fait maison Innsbruck

Quel plaisir d’escalader une montagne, d’être au sein de ce monde minéral… Nous avons fait une belle rencontre avec deux bergers (si rayonnants!) et leur chèvre…

Une pluie fine nous a accompagnés un moment puis le beau temps est revenu! J’aurais bien continué à parcourir les sommets mais pas moyen de convaincre mon fils de faire un pas de plus!

Berger avec sa chèvre sur la Nordkette Innsbruck
Montagne et oiseau
vue des hauteurs sur la chaine de montage Nordkette Innsbruck

Nous avons appris aujourd’hui que c’était le jour de la fête nationale pour l’Autriche, les musées étaient gratuits et il y avait toutes sortes de festivités en ville. Nous en avons profité pour aller voir la Hofkirche et ses fameux « Bonhommes noirs » comme les appellent les gens d’ici, ceux-ci sont censés monter la garde du tombeau de l’Empereur Maximilien, sauf qu’il n’a pas été enterré là et qu’ils veillent du coup sur un tombeau vide!!!

Nous reprenons le train pour revenir sur Munich, pied à terre pour nos prochaines escapades en Bavière.

 

JOUR 5: MUNICH et Garmisch-Partenkirchen

Munich

Dans un article  précédent, je parle du patrimoine sensoriel qui joue lui aussi un rôle important dans la découverte d’un lieu et auquel on ne prête pas toujours attention.

Qu’en est-il donc du parfum et des sons de Munich et d’Innsbruck?! Dans la ville allemande c’est sûr que l’odeur de bière est bien présente mais c’est encore plus par l’ouïe et le toucher qu’on en prend conscience: nos semelles couinent par endroit sur le sol des brasseries tant cela colle à force de renversements, les barres de métro pour se tenir collent de la même manière, dû à la bière ?! J’avais peur avec mon demi-litre d’être pompette mais en fin de compte elle est très légère! Chaque brasserie a sa propre bière.

On entend beaucoup de musique de toutes sortes dans la ville, il y a les clochers et à Innsbruck le son des clochettes des moutons dans la montagne, la musique traditionnelle dans les biergarten, le brouhaha des gens…

Les traditions semblent encore bien vivantes chez eux, elles semblent encore bien faire partie de la vie quotidienne, même pour les habits traditionnels comme les drindl.

Pareil pour Innsbruck, le bois et son odeur sont omniprésents mais ce qui m’a le plus impressionné c’est lors de l’ouverture du train pour descendre. Nous étions en pleine ville mais cela sentait terriblement la vache! Ou le mouton? La bête en tous les cas! L’alpage est là bien présent tout autour et c’était vraiment fort. J’ai trouvé cela incroyable, cela m’a replongé au temps de ma jeunesse où nous allions rechercher les vaches avec la fermière du coin. Elle en profitait pour nous montrer comment se moucher sans mouchoir en plein milieu d’un champ! On a encore pu un peu goûter à cette vie là… Un monde mourant, inconnu de nos enfants belges…

Ce soir nous irons manger dans un Biergarten:  l’Augustiner Keller.  Il en existe plus de 100  à Munich. Ces  « Jardins de bière » ou comment de parfaits inconnus s’assoient côte à côte avec bonheur et bonne humeur, sont une invention Munichoise du 19ès.  Pour limiter les incendies un décret de l’époque stipula que la bière devait être brassée les mois d’hiver. Afin de conserver leur production au frais pendant les mois d’été –les caves étant peu profondes- les brasseurs plantèrent tout le long de leur brasserie des marronniers. Des tables et bancs y furent ajoutés au fil du temps pour les clients. Depuis le succès est au rendez-vous, tout un chacun peut y apporter son pique-nique, le tout dans une grande convivialité. Bien que nous les Belges ayons cette réputation de bons vivants, nous n’avons pas trop l’habitude de partager ainsi de grandes tablées avec Mr. Et Mme Tout-le-Monde. J’avais observé avec malice mes enfants ces vacances dans une auberge de jeunesse où nous nous étions arrêtés pour boire et manger mais où seules de grandes tables étaient dressées et forcément partagées avec d’autres. Ayant déjà pris connaissance de ces Biergarten je les observai pour voir comment ils allaient gérer cette proximité ! Cela ne manqua pas, la gêne et l’embarras se sont vites lus sur leurs visages. Leur stratégie fut vite mise en place: ils choisirent la table la moins peuplée et se mirent à la toute extrémité! Apprivoiser l’espace, le partager et rencontrer l’autre cet inconnu, tout un apprentissage ! Ici cela semble bien plus facile et naturel. Bon ok, le breuvage contribue à favoriser les discussions, surtout quand on sait que l’on vous sert pas moins d’un litre de bière à la fois, Prost !!!

Biergarten Augustiner Keller Munich

Garmisch-Partenkirchen et les gorges de la Partnach

« Nous nous sommes levés de bonne heure ce matin pour partir à la découverte des gorges de la Partnach à Garmish-Partenkirchen. C’est déjà tout un périple pour les atteindre! Il aura fallu prendre le train d’une durée d’1h22 puis un bus, que l’on aura attendu presque une demi-heure et aura mis un quart d’heure pour arriver non pas aux grottes mais au chemin qui y mène. Il aura fallu trois fois plus de temps pour arriver à l’entrée des grottes que pour les visiter! Mais quand commence le voyage?  Au moment où nous arrivons aux gorges ou dès le départ du train ce matin ou bien avant encore…?!

 

« L’important ce n’est pas la destination mais le voyage en lui-même« .

Robert Louis Stevenson

« Lorsque vous monterez dans le train, mettez-vous du côté gauche » avais-je lu dans un article, nous avons bien fait! Durant tout le voyage en train, les paysages nous ont imprégnés de leur beauté et donné l’envie d’aller à leur rencontre! J’aime voir défiler ces paysages emplis de tant de beauté devant mes yeux mais cela m’a aussi toujours frustrée de n’être à ces moments-là que spectatrice, d’être séparée d’eux par une fenêtre, de ne pouvoir les toucher, les sentir et de les voir m’échapper… si vite, trop vite!

C’est la même sensation que lorsque, élève j’étais obligée d’être rivée, vissée à mon banc, enfermée dans une classe alors que j’entendais par la fenêtre ouverte l’appel du dehors: le chant des oiseaux, le bruit de la tondeuse, les voix humaines qui badinaient, les nuages, le soleil et moi derrière les barreaux… avec cette envie furieuse de me lever et partir en courant pour rejoindre l’air pur, sentir la chaleur du soleil sur mon visage, m’entourer de calme et de volupté au sein de la nature, m’asseoir dans l’herbe et savourer ce dehors si désirable!

Mais nous y sommes! Il ne nous reste plus qu’à pousser le tourniquet et les gorges dans toute leur splendeur s’ouvrent enfin à nous! Quelle merveille!

Gorges de la Partnach roche et arbres aux feuilles dorées d'automne

Dans ce lieu, tous les sens sont en éveil, la vue bien sûr avec cette incroyable eau cristalline d’un bleu azur et ces roches, sculptées à longueur d’années par cette eau intrépide et vivace, ces roches moussues, vivantes et vibrantes! Mais aussi l’ouïe, c’est assourdissant, ce bruit de l’eau qui jaillit et s’enfuit dans un courant si puissant. Ce qui est le plus présent c’est cette eau qui imprègne tout, qui ruisselle, qui éclabousse, qui sautille, goutte et s’égoutte. C’est vivifiant… mais aussi fatiguant! Nous avons de la chance d’être en fin de saison, il n’y a pas grand monde, nous pouvons profiter du lieu et s’en imprégner à notre aise sans être trop dérangés. Il se dégage des gorges un sentiment de force rassurante où l’on sent intacte l’énergie de la terre. Une énergie vitale! Tout en déambulant dans ce lieu m’est revenu à l’esprit la phrase que mon grand-père m’écrivit peu de temps avant de mourir dans mon carnet de poésie:  » La rivière coule, la vie s’écoule, faisant place à la grande tranquillité« .

arbres aux feuilles dorées vus à travers les gorges de la Partnach
A la sortie des Gorges de la Partnach: eau vive et couleurs d'automne

Il est dit que pour découvrir des lieux tout autour du monde il n’y a pas besoin de se déplacer… En revanche, pour ressentir l’âme d’un pays, d’un endroit, le voyage est indispensable. J’ai donc voulu expérimenter cette vérité. Ce récit que vous venez de lire sur les gorges de la Partnach a été écrit le 14 septembre 2023, soit un mois et demi plus tôt. J’étais dans mon jardin près de ma mare (toute calme!), il faisait plein soleil, c’était encore l’été!

Après avoir été en contact physique avec ce lieu voici ce que je dirais…

Nous n’avons pas dû attendre le bus. Sur le chemin menant aux gorges les enfants sont partis en sucette, pas méchants mais enquiquinants ensuite la dame aux guichets était extrêmement antipathique, pour ne pas dire très mal revenante, voire agressive dans son comportement, perturbant mon humeur. Il m’a fallu du temps pour pouvoir redescendre, retrouver une certaine harmonie et profiter du lieu! J’ai du coup traversé les gorges d’un pas soutenu, le chemin à l’intérieur de celles-çi n’est pas long, cela nous a surpris et laissé un peu sur notre faim. Comme quoi tout est histoire de vibration et de connexion!

Le rêve était -il mieux que la réalité? Huum, oui et non. Si le passage au sein des gorges fut rapide, moins impressionnant que prévu, l’eau moins limpide (un orage violent, deux semaines auparavant, a provoqué une montée des eaux très importante et est la cause de la perte de cette couleur azur qu’on aurait dû voir), la mousse ainsi que la végétation assez absente au sein des gorges, j’ai par contre adoré toute la partie hors des gorges dans la forêt, si romantique et si magique!

Une légère pluie tombée tôt le matin combinée à une lumière solaire magnifiait les couleurs automnales et participait à l’enchantement de cette forêt. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Caspar David Friedrich… Voilà pour la petite expérience!

Forêt au sortir des gorges de la Partnach
Arbre moussu de la forêt des gorges de la Partnach
Couleurs automnales forêt des Gorges de la Partnach

Nous nous sommes ensuite rendus dans le centre, à la célèbre LudwigstraBe où toutes les façades sont peintes.
On y a mangé du chocolat divin à la « Chocolaterie Amelie » et c’est une Belge qui le dit ! 😋

C’est ici qu’eurent lieu les Jeux Olympique de 1936 qui servirent de propagande à Hitler. C’est également ici que tous les Munichois viennent skier (la Zugspitze est le plus haut sommet d’Allemagne) et s’exercer sur la fameuse rampe de ski olympique. Impressionnant!

Après cette belle journée bien remplie nous rentrons à Munich.

Façade peinte représentant les Jeux Olymoiques de 1936 Ludwigstrasse Garmisch-Partenkirchen

JOUR 6: Prien am Chiemsee

Nous terminons notre voyage par L’île des Hommes: Herreninsel et L’île des Femmes: Fraueninsel à Prien am Chiemsee.

Départ ce matin en train, arrivés à Prien nous avons marché jusqu’au port (Stock) où nous avons pris un premier bateau pour L’île des Hommes.

Nous avons raté la visite du château, réplique de celui de Versailles, construit par le roi Louis II. Qu’à cela ne tienne, le temps est magnifique, la balade charmante et empreinte de sérénité. Nous avons profité des paysages idylliques et atmosphériques; des petites ruelles, des ateliers d’artisans et maisons de pêcheurs sur L’île des Femmes.

C’est vraiment le bon moment pour visiter cette région. Les touristes que l’on rencontre sont pour la grande majorité des Allemands.

Nous allons rentrer sur Munich pour assister à un concert classique donné par le philharmonique de Munich à la Hofkapelle Residenz, là où Mozart avait l’habitude de jouer… histoire de finir en beauté ce voyage qui s’est déroulé sous les meilleurs auspices! Gratitude!

Départ le lendemain pour la Belgique via Francfort et Liège.

Priem am Chiemsee vue sur le lac et les arbres en automne

Nos gros coups de coeur

Munich

La Brasserie Hofbräuhaus: ambiance garantie et très belle entrée en la matière!  Manger au Augustiner-Keller, Mr. Pancakes pour le petit déjeuner, Concert à la Hofkapelle de la Residenz.

Innsbruck

Le free tour « A l’Alpage » via l’office du tourisme, la soirée Tyrolienne avec la famille Gundolf, l’ascension du Hafelekar de la Nordkette.

Garmisch Partenkirchen

La promenade dans la forêt et le repas au Kaiserschmarrn-Alm après la randonnée. La Ludwigstrasse et le chocolat chez Amelie!

Prien am Chiemsee

Fâner sur les deux îles.

Ce circuit en Bavière et au Tyrol vaut vraiment la peine d’être fait en automne les couleurs et l’atmosphère qui s’en dégage sont incroyables!

Nos Adresses préférées et petits conseils

Munich

Brasserie Hofbräuhaus: Platzl 9

Mr. Pancake: GabelsbergerstraBe 34

Ratskeller Munich: Marienplatz 8

Augustiner-Keller: ArnulfstraBe 52

Hofkapelle der Residenz: ResidenzstraBe 1

Bon à savoir

Pour le concert pensez à prendre un pull et réservez à l’avance!

A Munich nous avons logé à l’Auberge de Jeunesse « The 4 You » située juste derrière la gare, très pratique pour nos déplacements tout en étant proche du centre. Malgré que ce soit situé derrière la gare l’endroit est sécure.

 

INNSBRUCK

Restaurant Seegrube: Seegrube

Café Konditorei Munding seit 1803: Kiebachgasse 16

Soirée Tyrolienne famille Gundolf: Kapuzinergasse 11. https://www.tiroler-abend.com/fr/

Ludwig: restaurant de hamburger, Museumstrasse 3

Stiftkeller: stiftgasse 1/7

Bon à savoir

Nous sommes arrivés le jour de la fête nationale, le 26 octobre, ce fut l’occasion de voir de nombreux habitants en costume traditionnel!

Si vous logez au moins deux nuits dans un hôtel partenaire vous aurez  droit à la « Welcome Card « d’Innsbruck. Celle-ci donne droit aux transports en commun gratuits, à des e-bike gratuit durant 24h, à des randonnées guidées gratuites, des remontées mécaniques et une réduction de 15% sur le spectacle tyrolien de la famille Gundolf. Cette carte vous sera délivrée par votre hôtel le jour de votre arrivée.

La « Innsbruck card » vaut également la peine d’être achetée si vous comptez faire l’ascension de la Nordkette via les téléphériques. Elle donne aussi accès aux transports et à des musées et visites gratuits ainsi qu’à une réduction de 25% sur le spectacle de la famille Gandolf. A acheter via l’Office du Tourisme situé dans la rue principale: Burggraben 3

 

Garmisch-Partenkirchen

Amelie: LudwigstraBe 37

Kaiserchmarrn-Alm: Graseck 6

Bon à savoir

Une fois en gare de Garmisch-Partenkirchen prendre le bus 1 ou 2 jusqu’au Stade Olympique de Ski (Skistadium). Vérifiez également à quelle heure est le dernier bus pour reprendre le train!

Ce qu’on aurait aimé faire et que l’on n’a pas fait

Munich

L’Englischergarten et le Biergarten de la Tour Chinoise. Monter pour la vue à l’hôtel de ville de Marienplatz. S’attarder au Viktuaille Market. Visiter la Pinakotek (Alte ou Der Modern).

Innsbruck

Le musée du petit toit d’or

Garmisch-Partenkirchen

De là reprendre un train pour aller à Oberammergan (à 30′ de Garmisch).

Prien Am Chiemsee

La visite du château de Louis II.

Livres pour s’inspirer

N’hésitez pas à lire mon article « Livre pour voyager et s’inspirer« , vous y trouverez quelques pistes de lecture pour vous imprégner des lieux avant de partir…

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