Métro, Boulot, Dodo… Partir!

Braine L’Alleud, voie 2, 6h30 du matin.

Sur les quais de la gare les voyageurs attendent le train pour Bruxelles.

Je pose mon regard sur les navetteurs. Pour la plupart d’entre eux ce sera un trajet ordinaire les emmenant au travail 8h-18h, pour moi ce sera un trajet extraordinaire.

Les voilà bien coiffés, bien habillés, leur petite mallette à bout de bras; moi je suis mal fagotée, un sac à dos sur le dos.

Pour eux une journée toute tracée, pour moi une journée toute colorée.

Leur mine fatiguée, terne, morose et blasée, la mienne à peine plus réveillée mais avec dans le fond de mes yeux une lumière qui brille et au fond du coeur l’envie d’y aller!

L’image que me renvoie ces travailleurs me peine, j’aime autant pour moi que pour eux. Qu’elle tristesse que ce monde du travail si souvent peu désirable, si souvent dévitalisant, faisant de nous des êtres assujettis plus que des citoyens volontaires… Où est la joie? La passion? Le vivant? Le vibrant? Que faire pour les remettre au centre de nos vies? C’est pour cela aussi que j’ai besoin de prendre le large, pour m’extraire de cet engourdissement, de cette routine qui nous éteint à petit feu…

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