Circuit en train
Bruxelles – Amsterdam – Zurich – Milan – Bari – Polignano A mARE – Monopoli – Locorotondo – Martina Franca – Ostuni – Cisternino – Lecce – Otranto – Tirano – Paris – Bruxelles
13 jours – Avril/Mai 2024
Les trains
Pour ce circuit slow travel, voici les trains empruntés:
Jour 1: Départ Bruxelles-Amsterdam en Eurostar, direct (+/- 1h50).
Train de nuit Öbb Nightjet Amsterdam-Zurich (+/- 11H15, tous les jours)
Jour 3: Train Zurich-Milan via Berne: 1 changement: Zurich-Berne +/- 55′ et Berne-Milan +/- 3H.
Train de Nuit Intercity Notte Milan Central-Bari (Tous les jours, +/- 8H)
Jour 4: Train direct Bari-Polignano a Mare, +/- 30′
Jour 5: Train direct Polignano a Mare-Monopoli, +/- 5′ (Tous les 1/4h) A/R
Jour 6: Train direct Polignano a Mare-Ostuni, +/- 30′.
Jour 7: Train direct Ostuni-Cisternino, de 7 à 27′, A/R.
Jour 8: Train direct Ostuni-Lecce, +/- 55′
Jour 9: Train direct Lecce-Otranto, +/- 1h30 (très peu) ou via un changement à Maglie ou Zollino.
Jour 10: Train Otranto-Lecce
Train de nuit Intercity Notte Lecce-Milan, +/- 10H15
Jour 11: Train Trenord ou Trenitalia, direct Milan-Tirano, +/- 2h30
Jour 12: Train Bernina Express, Tirano-Coire, direct, 4H
Train SBB direct Coire-Zurich, +/- 1h15
Jour 13: Train TGV Lyria direct Zurich HB-Paris Gare de Lyon, +/- 4H
Train direct Eurostar Paris Nord-Bruxelles-Midi.
Bon à savoir
Faites le calcul pour voir si le Pass Interrail est intéressant, pour nous cela ne l’était pas (le Pass est valable pour le Bernina-Express mais pas pour la réservation en voiture panoramique! Pour ce compartiment pensez à réserver longtemps à l’avance, idéalement à l’ouverture des réservations car c’est très vite complet!!!).
Bagageries: En gare d’Amsterdam vous avez un service de bagagerie 24h/24 et 7j/7.
Idem pour le Kipoint / Kibag (jaune et bleu) de Milan mais vérifiez l’heure de fermeture (7H-23H normalement), prendre les escalators pour descendre d’un niveau (les quais se trouvent au niveau 1 donc les consignes sont au niveau 0 à proximité de la Piazza Luigi di Savoia).
A Bari, la consigne « Deposito Bagali » est située sur le quai 1 et est ouverte de 8h à 20H. Sinon il y a en face de la gare des consignes automatiques ouvertes plus tôt et fermées plus tard.
A Zurich, les consignes à bagages se situent à l’entresol au -1, prendre les escalators au milieu du hall au rez-de-chaussée.
Distance gare-centre: De la gare de Monopoli pour rejoindre le centre il faut marcher +/- 15′
De la gare d’Ostuni au centre il y a une navette toutes les heures, le trajet dure +/- 15/20′ ou à pied +/- 45′.
Nous n’avons finalement pas pris le train d’Ostuni à Cisternino car Rocco notre guide est venu nous chercher!
Attention, à Cisternino il existe deux gares, l’une plus proche du centre: Cisternino Citta, l’autre, la gare de Cisternino Centrale (Cisternino Stazione ou Fasano Cisternino) est beaucoup plus loin!
Pour Martina Franca et Locorotondo, la gare est à 10/15′ du centre.
Pour rejoindre le centre de Lecce à partir de la gare il existe un bus (ligne 29) qui passe environ toutes les 30′ et prend +/- 15/20′.
Le trajet en train de Lecce à Otranto est vraiment à faire! Idéalement du côté gauche: paysages d’oliviers à perte de vue.
Il existe aussi quelques bus direct (+/- 1H15) pour aller de Lecce à Otranto mais ils sont peu fréquents et pas en toutes saisons (Stazione FSE ou Salento in bus).
Nous n’avons pas pris non plus le train d’Otranto à Lecce car une grève nationale avait lieu ce jour-là. Nous avons pris un taxi pour être sûr d’avoir notre train de nuit.
Attention aux gares d’arrivée et de départ!
Ex.: Plusieurs gares à Bruxelles, Milan, Zurich ou à Paris, vérifiez bien vos tickets! Prévoyez aussi suffisamment de temps pour faire les changements entre deux gares!
Paris Gare de Lyon, si vous avez un peu de temps, allez jeter un oeil au restaurant « Le Train Bleu » en haut de la gare: mythique! Et si vous avez encore du temps à tuer il y a également La Galerie des Fresques entre les deux halls. Nous avons mangé dans le Hall 2 chez « Dépôt Légal ».
Jour 1: Départ de Bruxelles pour Amsterdam et Train de nuit pour Zurich
Il est 9h20, nous sommes prêts. L’aventure peut commencer! A vrai dire elle a déjà débuté il y a bien longtemps car:
« Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues » (J. Kessel)
Et j’ajouterais que l’on vagabonde déjà en pensée d’un endroit à l’autre, passant des heures à rêver aux futures rencontres avec un monument, un paysage, un artiste, une adresse gourmande à faire et défaire des itinéraires.
Oui, je déambule dans ce voyage depuis déjà fort fort longtemps mais aujourd’hui l’aventure imaginaire fait place à l’aventure concrète, terrestre.
Nous voilà dans le train de nuit pour la Suisse, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a déjà bien vécu 🫣!!! Cette première journée s’est bien passée, principalement sur la route…
Amsterdam
Nous avons fait une balade guidée sur les traces d’Anne Frank à Amsterdam.
Ma fille attendait depuis deux ans de revenir manger des bitterballen, c’est chose faite et c’était définitivement très bon!
La ville se prépare à la Fête du Roi qui aura lieu demain. Pour l’occasion tous les habitants s’habillent en orange, les rues aussi! Les festivités commençaient ce soir. Nous n’y assisterons pas, nous avons un train de nuit à prendre pour Zurich.
Train de nuit Amsterdam-Zurich
Le train de nuit est un entre-deux-mondes fascinant : à la fois là d’où l’on vient, le passé, laissé derrière nous et là où l’on va, le futur, la gare d’arrivée. Et nous au milieu dans une sorte de no man’s land, dans un présent qui s’étire.
Bienvenue dans le temps long : 12 heures de voyage sensoriel : freinage du train aux arrivées en gare, roulis et cliquetis, secousses, images qui défilent, pancartes portant des noms d’endroits et de destinations inconnues, bruits dans la nuit, odeurs de train… Tous nos sens vont être sollicités et en alerte !
Le train de nuit me fait l’effet du fauteuil à bascule, il berce, appelle à la rêverie. Avec lui il devient inutile de s’affairer, il est une parenthèse, une bulle d’air. L’espace d’un instant nous échappons à la frénésie du monde, la paix s’installe et nous voilà invités à voyager, à s’ouvrir à l’inconnu, à la rencontre…
La nuit nous ferons l’expérience de nous déplacer en dormant.
Est-ce pour tout cela qu’ils reviennent en force de nos jours ?
Jour 2: Zurich
Zurich est une ville vraiment très agréable.
Ce qui nous a le plus frappé c’est sa propreté et sa cherté!!!
La ville est vraiment très belle, impeccable et extrêmement sereine. Il y fait bon vivre… pour qui en a les moyens! Ainsi par exemple, une bouteille d’eau d’1L vous coûtera 10€! Bref pour nous ce fut « Regarder mais ne pas toucher »! C’est paraît-il la ville la plus chère du monde! (Vient ensuite Singapour).
Sous nos pas le long de l’avenue la plus chic (la Bahnofstrasse) où s’étalent les magasins les plus luxueux (Dior, Chanel, Rolex et compagnie), sont stockés des tonnes d’or!!! Les banques, les voitures de luxe, partout femmes et hommes « tirés à quatre épingles », on baigne ici dans un autre monde!
Nous sommes allés voir les vitraux de Marc Chagall et d’Augusto Giacometti (l’oncle d’Alberto) à la Fraumünster. Nous avons également escaladé les 184 marches de la cathédrale Grossmünster construite par Charlemagne.
Nous nous sommes ensuite rendus au, paraît-il, plus beau poste de police au monde car il contient de magnifiques fresques réalisées par Augusto Giacometti, oui c’est vraiment très beau!
Pour ménager nos montures nous nous sommes offerts une séance Thalasso au Hürlmannbad & Bad, un centre magnifique, empli lui aussi de luxe, calme et volupté! La vue sur les montagnes enneigées sur le toit des thermes était juste incroyable! Mon fils a fait fort sans le vouloir: son nouveau maillot est trop grand et chaque fois qu’il sortait de l’eau il découvrait ses fesses 🫣, pire nous nous sommes changés tous les trois dans les vestiaires communs mais qui en réalité, nous nous en rendrons compte trop tard, était celui des femmes et mon fils qui a tout de même 15 ans de me dire ensuite: « Ah c’est pour ça qu’on me regardait bizzarement »! Gloups, nous avons été distraits! 😱 😂
Seul regret pour cette journée, nous n’avons pas eu le temps de nous balader autour du lac.
Nous nous sommes donc posés à l’hôtel qui joue la carte des clichés suisse, « Nuit Suisse by Fassbind » agréable et cocoon!
JOUR 3: Zurich et Milan
Zurich
Le temps de refaire nos sacs et nous nous remettons en route. En sortant de l’hôtel je me rends compte que nous avons dormi à côté de la maison où vécu Richard Wagner!
Nous sommes allés déambuler dans de petites ruelles charmantes. Au détour de l’une d’entre elles nous avons croisé le fameux Cabaret Voltaire, point de ralliement des artistes dadaïstes, nous avons craqué aussi devant une charmante enseigne de pâtisseries Café & Conditorei pour notre petit déjeuner 😋.
Milan
Benvenuti in Italia, il bel paese!
Milano, la journée a été en demi-teinte dû a des instants de stress avec les trains, le monde en gare, les métros mais à part cela les enfants sont tout excités et enchantés car enfin ils ont pu faire quelques emplettes. Ma fille a acheté des bijoux pour, je cite: « être comme les Milanaises » 😉.
Nous avons visité Saint-Ambroise, la très belle basilique paléochrétienne de style roman.
Puis nous sommes allés au Musée des sciences et techniques Léonardo da Vinci, un musée très riche qui a beaucoup plu aux enfants. Ils ont pu voir les inventions de Léonard, un morceau ramené de la lune, un sous-marin, des avions, des trains, des bateaux et autres machines et inventions. Seul bémol, les explications étaient uniquement en italien et anglais.
Nous avons fini notre journée aux bords des canaux i Navigli où nous avons mangé, chez Scué Navigli, notre première pizza du séjour et un tiramisu!
Nous sommes maintenant dans le train de nuit en route vers Bari.Réveil à 6h pour partir enfin à la découverte des Pouilles! Trop hâte!!!
Jour 4: Bari et Polignano a Mare
Nous voilà arrivés dans les Pouilles!
Réveil ce matin avec des champs d’oliviers à perte de vue et la mer! On m’a apporté mon café… ah oui, on est bien en Italie: une petite larme bue en une gorgée!!!
Les Pouilles donc… Cette région, trait d’union entre Occident et Orient, a fait l’objet de nombreuses convoitises, échanges commerciaux et culturels.
Elle a vu passer de nombreux peuples, tantôt colons, tantôt envahisseurs: Grecs, Romains, Byzantins, Normands, Ottomans, Allemands, Espagnols!
Ces peuples l’ont alternativement enrichie de châteaux, palais et églises somptueux mais l’ont aussi dépouillée et exploitée à tel point qu’elle est, encore aujourd’hui, bien plus pauvre que l’Italie du Nord.
À cela s’ajoute la mafia qui y sévit comme ailleurs. La plupart des commerçants doivent payer le pizzo, l’impôt mafieux.
Située dans le talon de la botte, à l’extrême sud-est, entre la mer Ionique et Adriatique, baignée de soleil, elle est un territoire resté authentique et encore assez préservé du tourisme.
Terre d’oliviers, de burrata, de vignobles (elle est surnommée « la cave à vin de l’Italie »!) et des orecchiette, c’est ici qu’on y mange le mieux paraît-il! N’oublions pas que c’est aussi par la cuisine que l’ on visite un pays et que l’on savoure sa culture, nous ne nous en priverons pas!!!
« Pour bien voyager il faut mettre les pieds dans le plat »
« Qui veut aller plus loin, ménage sa monture »!!!
Hâte de découvrir ce coin de paradis!
Les locaux glissent volontiers à l’oreille des gens de passage:
« Il ne faut pas dire de venir ici! Il faut dire qu’il y a des voleurs, des serpents, que c’est très aride ».
Car toute personne qui met un pied ici ne peut qu’en tomber amoureuse!
BARI
À la descente du train nous sommes directement allés voir la mer via la promenade du Lungomare que font tous les Barisiens le soir en famille.
Nous nous sommes posés à la plage Pane e Pomodoro où nous avons mis les pieds dans l’eau. La mer est de toute beauté mais quelle tristesse de voir aux abords du port du plastique en quantité incroyable flotter près des bateaux. 🥹
C’est ici à Bari que les marins ramenèrent des croisades les reliques de Saint-Nicolas, volées aux Turcs. Ils construisirent une Basilique pour le saint patron des écoliers, des célibataires, des marins et des voyageurs. Les enfants pourront raconter à leur descendance qu’ils ont vu POUR DE VRAI, le saint homme! Peut-être pas en chair mais en os!!!
Nous avons fait une super balade guidée à vélo à travers la ville et avons eu la chance d’apprendre à fabriquer des orecchiette, ces petites pâtes en forme d’oreilles. Nous les avons ensuite dégustées avec de la sauce tomate et du parmesan. Miam! La mamma italienne qui nous montrait comment faire en pinçait pour mon fils, elle l’aurait bien gardé près d’elle!
Polignano A Mare
Polignano a un vieux centre historique vraiment charmant. Le soir tout s’illumine et le devient encore plus.
JOUR 5: Polignano A MARE et MONOPOLI
Polignano A Mare
Nous avons passé notre temps à flâner et avons fait une sortie en mer en kayak. Impressionnant au début, nous avons adoré le mouvement des vagues sur notre kayak, surtout lorsque d’autres bateaux passaient non loin de nous! Après 1h30 de balade on devenait synchro pour pagayer dans le bon sens!
Monopoli
Nous sommes allés faire un tour dans le village d’à côté, à Monopoli.
Coin tout aussi charmant si ce n’est qu’un immense incendie était en cours. Nous nous sommes baladés du côté du Vieux-Port, le long des remparts, dans les vielles ruelles et avons fini sur la plage!
Petit bémol au retour en train: mon fils, trop impatient de rentrer, est monté dans le mauvais train (nous obligeant du coup à monter avec lui). Résultat, au lieu d’un trajet de 5 minutes, nous avons été embarqués pour une heure de train! 😥 Comme le dira mon jeune: « Ça lui apprendra »! Quand on vous dit que les voyages forment la jeunesse!!!
Jour 6: Locorotondo – Martina Franca et départ pour Ostuni
Locorotondo et Martina Franca
Ce matin nous avons débuté la journée par un tour en vélo à Locorotondo et Martina Franca avec Rocco notre guide.
Nous avons eu droit à une balade rien que pour nous! Grâce à lui, nous avons eu le privilège de découvrir les Pouilles de l’intérieur. Il aime sa région, il la connaît et sait le faire partager. Extrêmement sympathique, il est venu nous chercher ce matin à Polignano car c’était sur sa route!
En vélo, nous avons traversé de beaux paysages faits d’oliviers, de murs en pierres sèches et de trulli, ces petites maisons si typiques des Pouilles!
Il nous a notamment expliqué que les viticulteurs placent des rosiers au milieu des vignes pour diminuer les pulvérisations de moitié car les insectes viennent d’abord sur les roses avant de s’attaquer au raisin. Tant qu’il n’y a rien sur les rosiers ils n’agissent pas.
Il nous a aussi expliqué la construction, au début du siècle, d’un aqueduc à travers les montagnes, pour pallier au problème de sécheresse dans les Pouilles et beaucoup d’autres choses.
Nous avions des vélos électriques de très bonne qualité, c’était une première pour nous, rouler ainsi devient un véritable jeu d’enfant! J’aurais aimé prendre plus de temps à flâner et prendre quelques photos mais vraiment c’était top!
Ostuni
Ostuni a été placée loin de la mer pour éviter ses dangers: les tempêtes et les pirates.
Elle est située dans le Salento, c’est la patrie des oliviers.
Elle est surnommée « la ville blanche » car ses maisons sont blanchies à la chaux (pour contrer les épidémies, la chaleur et les insectes).
La ville fait impression et est une petite merveille! Seul bémol en ce qui me concerne, ce coin de paradis a été investi pour en faire un endroit hype et branché, avec musique de club et bars à chaque coin de rue mais pour ceux qui aiment ça c’est l’endroit idéal!
J’ai eu le plaisir de faire comme les italiens: ce soir c’est notre linge qui pend dans les rues d’Ostuni! On entend le tonnerre, va t’il pleuvoir ce soir?
Jour 7: Cisternino, à la rencontre des oliviers
Réveil tôt ce matin, il fait déjà chaud! Nous voilà en route pour notre deuxième tour avec Rocco : ‘Oliviers, moulin à huile et dolmen » à Cisternino.
« Le murmure d’un verger d’oliviers a quelque chose de très intime, d’immensément vieux. C’est trop beau pour que j’ose le peindre ou puisse le concevoir »
Il y a dans les Pouilles environs 60 millions d’oliviers ce qui donne en moyenne 1 olivier par Italien !
Ces oliviers sont multimillénaire (certains ont 2000 ans !), classés monuments historiques. Ils sont sous haute surveillance, allant jusqu’à être pucés et suivis par satellites car ils sont parfois volés de nuit pour être remis dans des jardins privés.
La culture de l’olive fut apportée par les Messapiens mais aussi par les Byzantins (avant cela la culture de céréales primait). Ils furent les premiers à installer des pressoirs à huile dans les grottes de calcaire qui avaient la particularité d’avoir une humidité et une température constante, conditions idéales pour la conservation de l’huile.
Depuis le Moyen-Age jusqu’au 19e siècle on a dénombré +/- 1000 moulins dans les grottes. Il en reste aujourd’hui à peu près 200.
Aujourd’hui la culture de l’olive au Salento représente 18% de la production mondiale d’huile d’olive.
Malheureusement, depuis 2008 une bactérie transmise par des insectes ravage les cultures et c’est 80% du Salento qui est ruiné.
Cette bactérie empêche l’hydratation et la nourriture de l’arbre et le fait mourir. Il faut alors le couper, le brûler et le dessoucher mais pour cela une autorisation est requise et son obtention peut prendre jusqu’à deux ans ce qui permet à la maladie de se transmettre ailleurs. Les locaux craignent une désertification de la région.
Des recherches ont été menées via des laboratoires pour trouver des espèces résistantes à la bactérie. Finalement deux espèces ont été sélectionnées pour effectuer une replantation importante mais il faudra vingt ans pour que l’arbre soit « rentable ».
D’après le responsable de la coopérative où nous sommes allés, la maladie est maintenant sous contrôle mais ils restent vigilants.
Les murs en pierres sèches sont vraiment impressionnants!
Il y en a partout, des milliers et des milliers de pierres blanches (je devrais dire des millions!) assemblées pour créer ces murs qui ont pour fonction de séparer les propriétés et les cultures des pâturages mais aussi pour se préserver du loup.
Ils sont classés au patrimoine mondial de l’humanité. Les murs, la terre rouge et les oliviers forment un paysage magique!
On a adoré la balade, nous aurions pu la continuer encore durant des heures tant cette région est emplie de beauté! Elle a d’ailleurs été classée comme la région la plus belle du monde par Lonely Planet et le New York Times.
Tout au long de cette visite, je me suis sentie dans un sanctuaire, sur une terre sacrée, les oliviers dégagent une telle présence que l’on ne peut qu’en tomber amoureuse. J’avais bien envie de les enlacer. Face à ce peuple, ces êtres vivants, on ne peut qu’être humbles. Gratitude 🙏
Jour 8: Départ pour Leccce
Le paysage, tout au long du trajet, entre Ostuni et Lecce et retour contraste avec celui admiré avec Rocco dans la vallée d’Itria. Aux majestueux oliviers pleins de vie succède la désertification et la désolation.
Des paysages avec, à perte de vue des oliviers dévastés par la xylella et des ruines un peu partout. A cela s’ajoute un sentiment de bout du monde où la majorité des gens croisés dans le train sont des migrants venus d’Albanie, d’Afrique et d’ailleurs. Même le train est d’un autre âge! Les voies ne mènent plus ailleurs, c’est le terminus, le bout de la botte. Cela donne un sentiment de tristesse, de soledad, de lieu perdu. Et à la fois c’est très beau…
On constate que les cultivateurs ont commencé à replanter. Les champs où les oliviers sont si petits, tous en ligne, où l’on ne voit que les tuteurs, font penser à des cimetières de la guerre mais lorsqu’on les voit repartir et grandir cela donne espoir…
Je me dis aussi que, même si l’huile d’olive italienne est plus chère que celle de Grèce, d’Espagne, de Turquie… (l’état ne soutient pas cette agriculture paysanne et ils ne peuvent du coup pas être compétitifs) elle vaut la peine d’être achetée pour soutenir ces paysans et qu’ils puissent se relever de ce désastre.
Lecce
Lecce, la ville baroque par excellence! La Basilique de Santa Croce est vraiment de toute beauté.
Elle est l’emblème de la ville, tout comme l’art de la Cartapesta. Les artisans de Lecce n’étant pas assez riches que pour sculpter dans la pierre ou dans le bois, ils se sont tournés vers la sculpture en papier mâché. C’est devenu un art traditionnel de la région. Nous avons fait une belle rencontre avec l’un de ces artisans, un vieux monsieur très gentil qui fait vraiment de belles choses. Il nous a raconté que la reine Paola venait chez lui pour lui acheter des roses en papier mâché 😉.
Il était prévu de partir marcher jusqu’à la Grotta della Poesia mais hélas cela ne se sera pas mis.
Jour 9: Départ pour Otranto
Otranto, voici la véritable porte de l’Orient.
En 1480, les habitants voient arriver une armada de bateaux Turcs: 12.000 Ottomans face à 800 Otrantini. Les Turcs leur demandèrent de se convertir à la religion musulmane. Ayant unanimement refusé, ils furent tous décapités. On retrouve leurs ossements dans la Cathédrale Santa Maria Annunziata. Cela fait froid dans le dos!
Pour cette dernière étape dans les Pouilles nous nous offrons la dolce vita! Nous sommes dans un bel appartement avec une terrasse vue sur mer: « Dimora del sole« .
Otranto est paradisiaque, il se dit que les plages ressemblent à celles de Copacabana! Dommage que l’eau soit encore bien fraîche! Notre baptême de plongée a été annulé car la mer est trop agitée, le vent, la tramontagne, souffle.
Jour 10: Otranto et retour sur Lecce
Otranto
Magnifique promenade matinale jusqu’à la « Cava di Bauxite« , la côte Adriatique et le maquis méditerranéen. Un coin sauvage où nous étions entre l’Italie, l’Albanie et la Grèce!
Lecce
Pour terminer ce voyage dans les Pouilles nous avons eu droit à un magnifique cadeau du ciel: un concert de Pizzica et de danse traditionnelle, la Tarentella, rituel exercé pour soigner les personnes mordues par l’araignée nommée tarentule: on jouait pour elles et elles dansaient jusqu’à ce que le mal s’éloigne.
Ce concert a eu lieu lors de notre visite au Musée Faggiano, un musée hors du commun: un homme acheta un bâtiment dans Lecce pour en faire un restaurant. Ayant des problème d’humidité dans les toilettes il entama des travaux. Il fit la découverte incroyable de trésors archéologiques. Il décida de creuser et de découvrir tout cela plus en profondeur. Il finit par mettre à jour un couvent du 16ème siècle, un palais des templiers du 12ème siècle et des vestiges romains et messapiens! Il changea alors ses projets et décida d’ouvrir un musée à la place d’un restaurant!
Il est temps pour nous de faire nos adieux aux Pouilles, nous montons dans le train de nuit Lecce-Milan, retour vers le Nord!
Jour 11: Milan et départ pour Tirano
Milan est en 2024 une ville d’échafaudages! Il y en a partout et la ville me semble terriblement bruyante.
Je n’ai pas spécialement accroché à l’endroit mais nous n’avons pas vu grand-chose de la ville.
Par contre la cathédrale est impressionnante, que ce soit le travail de la pierre, le marbre ( nous sommes montés sur les terrasses pour voir de près tous les pinacles et les sculptures) ou les piliers à l’intérieur: une vraie forêt de pierres…
Nous avons ensuite été rendre visite à la Scala, lieu emblématique!
Nous reprenons maintenant le train pour rejoindre Tirano, nous longerons le lac de Côme qui est de toute beauté!
Jour 12: Tirano, Train Bernina Express et départ pour Zurich
Tirano
Tirano peut sembler au premier abord une ville sans grand intérêt mais elle nous a offert une délicieuse balade matinale dans la montagne, un repas exquis hier soir au restaurant Merizzi et un voyage incroyable avec le Bernina Express!
Le Bernina Express
Ce train est classé au patrimoine mondial de l’humanité. Durant 4 heures nous avons eu la sensation d’être au coeur de la montagne Suisse.
Tout simplement exceptionnel, la beauté du paysage de montagne est à couper le souffle. Malheureusement pour nous, le beau temps n’était pas du voyage… mais oui waouh 🤩
Jour 13: Départ de Zurich pour rentrer en Belgique
Plus de 4500km au compteur mais nous revenons sans vraiment sentir la fatigue et (presque) prêts à repartir!
Nos gros coups de coeur
Amsterdam
Les bitterballen
Zurich
Le café & Conditorei 1842.
Milan
La cathédrale, ses terrasses et ses piliers.
Bari
Antonella, la faiseuse d’orecchiette
Polignano a Mare
Le village et ses vues magiques!
Ostuni / Cisternino
Les deux tours à vélo avec Rocco Tours Puglia, Locorotondo et les champs d’oliviers à perte de vues.
Lecce
La pierre et le jeu de lumière sur elle, le concert de pizzica au Musée Faggiano.
Le voyage en train de Lecce à Otranto.
Otranto
La promenade à Cava di Bauxite, manger chez Ortale Ristoro Salentissimo.
Tirano
Le Bernina Express
Adresses préférées et petits conseils
Amsterdam
Zurich
Bon à savoir
Milan
Confiserie Giovani Galli, Via Victor Hugo 2
Eataly Milano Smeraldo, plusieurs restaurants et épicerie fine, Piazza XXV April 10
Bari
Polignano a Mare
Locorotondo et Martina Franca
Bon à savoir
Ostuni
La Pastasciutta, restaurant Via VitoTamborrino 15
La Gilda, restaurant, via Gaetano Tanzarella Vitale 58
Borgo antico bistrot Via Fina 8
Bistrot Avenida 40, Viale Oronzo Quaranta, pour flâner avec une magnifique vue sur le lointain et les oliviers…
Bon à savoir
Lecce
L’angelino di via Mattéotti, restaurant, via Giacomo Matteotti 31
Pâtisserie et glaces Martinucci, Piazza Sant’Oronzono
Mamma Elvira Enoteca, restaurant et bar à vin, Via Umberto 1
Otranto
L’Ortale Ristoro Salentissimo, restaurant et bar à vin, Via Cenobio Basiliano 14
Posto Fisso pucceria agricola, sandwicherie, Via Constantino I, 15
Gelateria Fisotti, Largo Cavour 8
Tirano
Ce qu’on a pas fait et que l’on aurait aimé faire
Amsterdam
In’t Aepjen, café brun.
Zurich
Se promener le long du lac, prendre le tram pour aller jusqu’au sommet Uetliberg.
Lecce
Grotta della Poesia, faire un atelier de Cartapesta.
Matera
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N’hésitez pas à lire mon article « Livres pour voyager et s’inspirer », vous y trouverez quelques pistes pour vous imprégner des lieux avant de partir…
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