Mettre une grosse pincée de slow dans sa nourriture comme dans son voyage
Petite devinette, quel est le point commun entre ma ville, Namur, et le mouvement Slow Food?
Réponse: tous les deux ont le même emblème: l’escargot!
Paraîtrait que nous, les Namurois, sommes lents, que nous prenons le temps de vivre, de savourer la vie… sans oublier qu’une de nos spécialités culinaires est justement ce fameux gastéropode!
Je me devais donc de vous parler aujourd’hui de ce mouvement Slow Food et vous partager ici quelques pistes pour l’intégrer au sein d’un Slow Travel et rendre ainsi votre voyage davantage cohérent.
« Les voyages sont des expériences qui impliquent tous les sens. Nous nous souvenons mieux de ceux au cours desquels nous avons bien mangé. Goûter les plats typiques d’un pays étranger nous aide à mieux en comprendre l’histoire car nous entrons dans ses traditions, nous l’explorons, nous nous faisons une idée de son évolution culinaire et sociale. La plupart des plats ont une origine pauvre, paysanne ou marine: on n’y échappe pas. Nous avons toujours pris ce que la terre ou la mer pouvaient nous offrir et nous l’avons transformé en savoureuses préparations.
Chaque ville, province, région, nation possède ses plats typiques et le corps s’adapte à cette alimentation ».
Les origines et la philosophie du Slow Food
« Si vous mangez, vous êtes impliqué dans l’agriculture ».Carlo Petrini
« Un gastronome qui n’est pas écologiste est un imbécile, mais un écologiste qui n’est pas gastronome est un triste personnage »Carlo Petrini
« Un fromage est aussi digne d’être préservé qu’une église du XVIe siècle ».Carlo Petrini
1001 façons d’être Slow Food
« Pour bien voyager, il faut mettre les pieds dans le plat »Bernard Boutboul
Bien avant le départ
Dans bien des endroits
« Au restaurant, l’accueil est le premier plat offert au client, il doit être succulent »Bernard Boutboul
Les marchés
Les halles marchandes
Le Street Food
Les magasins
Les restaurants
Le Wwoofing
Slow Food, une histoire de reconnexion
« En invitant à ralentir, on est invités à s’intéresser davantage à ce qui nous entoure, à cueillir les détails et les saveurs du monde »
Carlo Petrini.
Reconnexion au Temps, à la terre et au plaisir
« Long à manger, long à tout »
Proverbe français
Dans Slow Food il y a d’abord le mot slow! Ralentir! Toute une écologie de l’esprit qui permet aussi d’apprécier la vie sous tous ses aspects.
Prendre le temps de réfléchir sur la filière alimentaire. Prendre le temps de penser au repas que l’on veut pour ce midi ou pour ce soir. Prendre le temps d’aller au marché (regarder, sentir, choisir, échanger), de cuisiner les aliments (les couper, les laver, les préparer). Prendre le temps de mettre la table, de se poser, de « mettre les pieds sous la table ». Prendre le temps de manger plus lentement, en conscience (mâcher, mastiquer, apprécier les saveurs, les textures, les arômes, les couleurs…). Prendre le temps d’échanger avec les personnes réunies autour du repas, de s’imprégner de l’ambiance et/ou d’admirer le paysage. Prendre le temps de profiter, de digérer aussi… chez soi comme en voyage!
Cette démarche est l’occasion de convoquer nos sens, de s’y reconnecter, de les mettre en éveil, eux qui sont tant mis en veille de nos jours.
Se réjouir de la découverte qui s’invite: s’ennivrer du parfum du basilic, se délecter de la saveur d’une tomate, s’émerveiller du velouté d’une pêche…
Découvrir des recettes et des traditions culinaires locales. Découvrir des plats, des aliments dont on n’a pas l’habitude ou l’usage chez soi. Oser goûter un met de nous inconnu et être fier d’avoir osé tester, d’avoir dépassé ses appréhensions, d’être sorti de ses habitudes. Un peu comme lorsque l’on se jette à l’eau pour parler une autre langue, pour voyager seul ou lorsque l’on fait une chose pour la première fois!
Découvrir, découvrir, découvrir…
Se réjouir d’avoir participer à renforcer la résilience alimentaire, de soutenir l’économie locale, les paysans du coin, d’avoir contribuer à une bonne santé, pour soi, pour les autres et pour la terre. Et être reconnaissant aussi…
Reconnexion à soi, aux autres, aux cultures et traditions
« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es »
J.A. Brillat-Savarin
Le Slow Food est bien entendu l’occasion de se reconnecter à soi mais aussi aux paysans, producteurs, amis, famille et inconnus…
On voyage et on explorer par la cuisine de bien des manières.
Un moyen immersif en voyage est de prendre des cours de cuisine locale (cours de fabrication de pesto à Gênes, d’orecchiette dans les Pouilles, de pizza à Naples, de bouillabaisse à Marseille, de salmorejo à Cordoue, de carbonade Flamande en Belgique, …).
Ces cours, bien choisis, contribuent à la préservation du patrimoine et évite que ces plats ne tombent dans l’oubli et disparaissent. Le savoir-faire est ainsi perpétré et transmis tout comme les recettes. Quant à nous, on revient chez soi enrichis d’un savoir-faire traditionnel appris que l’on peut à notre tour transmettre et qui enrichit notre assiette.
De tout temps, les spécialités ont été portées par les voyageurs, les explorateurs, les commerçants. Tous, nous sommes des passeurs de culture.
Lorsque je voyage j’emporte toujours des spécialités de chez moi, des produits de mon terroir pour, à une occasion ou à une autre, l’offrir aux habitants de l’endroit où je vais (si l’on mange chez l’habitant, lors d’un atelier ou une activité…). C’est une manière de ne pas uniquement prendre mais aussi de rendre, de se connecter à l’autre, d’être dans l’échange, la convivialité, la joie du partage et de la découverte.
Less is more
« Que ton aliment soit ton médicament »
Manger moins mais mieux, préférer la qualité à la quantité. Moins de vitesse, de distraction, d’industrialisation, de malbouffe pour plus d’attention, de plaisir, de goût, de durabilité…
Dans nos sociétés occidentale force est de constater que la grande majorité des gens mangent trop et mal.
Les organismes sont gavés, les corps en surcharge, entraînant fatigue et dégradation de notre santé (tout en épuisant également celle de la terre).
Nous avons perdu l’occasion d’aiguiser nos instincts, d’écouter son corps et ses signaux (de faim, de sasiété,…).
Nous mangeons bien souvent par habitude, par pulsion, parce que c’est l’heure, par ennui, par stress, parce qu’on voit une pub, de la nourriture et pas parce qu’on a faim…
Cette démarche Slow Food encourage à choisir ses aliments avec soin et patience et à nous reconnecter à nos sensations. À remettre au coeur de nos vies une alimentation plus saine, plus simple, plus frugale. Meilleure pour soi et meilleure pour la terre.
Respecter la terre, le terroir c’est aussi se repecter!
Moins de gaspillage alimentaire c’est également plus de ressources naturelles préservées (eau, terre, énergie…) et moins de pollution. En Espagne, par exemple, des milliers de tonnes de fruits et légumes pourrissent directement dans les champs par manque de rentabilité économique. Quel gâchi et quelle absurdité dans un pays frappé par la sécheresse!
Finalement la crise économique actuelle a cela de positif qu’elle nous force, en quelque sorte, à revenir à plus de sobriété, à revenir à l’essentiel…
Dernièrement ma boîte de biscuits bio préférée a été soumise au packaging: la hauteur de la boîte en carton a diminué de moitié: pas plus mal en soi, c’est ça en moins de gaspillé mais lorsque j’ai constaté qu’à l’intérieur du paquet le nombre de biscuits avait lui aussi diminué et ce pour un prix qui lui n’avait absolument pas bougé, je râle! Mais, bien que cela n’excuse en rien cette pratique manquant de transparence, le coût de la vie et la diminution des quantités nous amènent également, il me semble, à non seulement revenir à une consommation plus raisonable mais aussi à savourer plus pleinement ce que l’on mange car on n’en estime que davantage sa valeur.
Plutôt que d’acheter une plaque de chocolat en grande surface, aller chez un petit artisan chocolatier et lui prendre deux pralines me satisfait bien davantage. Je le ressens pleinement comme une fête. Je peux vous assurer qu’une fois en bouche le temps s’arrête, mes yeux s’arrondissent, la joie m’envahit et je savoure, je savoure! Less is more, vraiment!
Aussi, pensez, que, même si le budget est serré, il est tout à fait possible, chez soi comme en voyage, de bien manger en mangeant différemment!
Au retour, pratiquer le savouring
« La bonne cuisine, c’est le souvenir »Georges Simenon
Et n’oubliez pas:
« Qui veut aller loin ménage sa monture » !
Quelques pistes pour aller plus loin
En général
En Italie
En Belgique
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