Faire ses bagages
J’aime faire mes bagages, cela me met en joie, m’annonce que le départ est pour bientôt, voir mes sacs prêts c’est déjà l’invitation au voyage : partir ! Ils sont la promesse de découvertes, de plaisirs, d’inconnu, de rencontres, d’aventures ! Nos sacs me reconnectent à mon identité: l’homme est un voyageur !
Faire son sac demande malgré tout un travail de lâcher-prise sur ses possessions matérielles. Il nous apprend aussi à nous débarrasser de nos peurs si pesantes. Il faut se délester, voyager léger, réfléchir à ce qui est essentiel, indispensable pour vivre avec le minimum. L’on portera tout ce que l’on possède sur notre dos. Il sera notre seul port d’attache, note îlot de sécurité, notre compagnon de voyage essentiel.
Chaque objet mis dedans apporte un effet rassurant et soutenant : un pull bien chaud, ses papiers, un carnet, un livre, de bonnes chaussures, une veste contre la pluie, contre le froid, la médaille de St. Christophe…
Trois sacs, trois destinées… Parfois, lorsque je porte le regard sur ces sacs à dos qui attendent, c’est aussi un sentiment d’incertitude qui peut émerger car nous allons vers l’inconnu, nous prenons un risque, celui lié à l’aventure.
Le sac porte aussi en lui une charge qui peut être lourde : il peut être synonyme de guerre, d’exil, de migration… Mais chez moi c’est l’espoir, le désir et la hâte de partir qui l’emporte toujours…
Défaire ses bagages
C’est le moment de déposer nos sacs. Ils ne sont plus les mêmes qu’au départ, un peu comme nous d’ailleurs…
Si mon sac se vide, mon bagage intérieur lui, s’est rempli. Je porte désormais en moi et dans mon coeur un monde plus vaste et plus riche.
Au départ nos sacs à dos portaient en eux la promesse de la découverte et de l’aventure, au retour ils sont porteurs de souvenirs…
Le sac, à la fin du voyage, est l’objet qui permet la transition, il est le point de jonction entre l’avant et l’après. « Poser son sac » ou se re-poser, c’est être arrivé à bon port et retrouver la sécurité.
Lorsque je rentre d’un voyage, j’ai très vite besoin de tout remettre à sa place, cela me permet de me réenraciner là où je suis, d’atterrir plus pleinement pour ne plus être dans un état de flottement, d’entre-deux. L’on réintègre son univers familier, sa culture d’origine…
J’aime ce moment où l’on ouvre nos sacs pour y extirper tous nos trésors, petits bouts d’ailleurs emportés avec soi. Cela procure une joie intense. Celle notamment de rendre, de partager et d’échanger.
Les présents sont des ponts qui permettent de faire la transition, de se reconnecter à l’autre, à la famille, à sa place, à son histoire…
Mais quoi qu’il en soit, sur la route ou à la maison, l’aventure continue !
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