Circuit en train
Marseille, la Côte Bleue, Cassis et les Calanques
7 Jours – Septembre/Octobre 2025
Les trains
Pour ce circuit slow travel, voici les trains empruntés:
Jour 2: Train direct TGV Inoui Bruxelles-Midi-Marseille Saint-Charles, +/- 6H.
Jour 3: Train TER Côte Bleue Quai M. +/- 1H pour faire tout le trajet.
Train TER Marseille-Cassis (Dir. Toulon – Hyères), +/- 20′.
Jour 6: Train TER Cassis-Marseilles Saint-Charles.
Train de nuit SNCF Marseille Blancarde-Paris Austerlitz +/- 10h30.
Jour 7: Train Eurostar Paris Gare du Nord-Bruxelles-Midi.
Bon à savoir
Il existe un « Pass journée Bouches-du-Rhône » (Département 13) donnant droit à l’accès illimité durant 24H aux trains TER/ ZOU dans ce département. Il coûte 20€ pour une personne et 5€ supplémentaire par accompagnant. Je l’ai utilisé pour la journée 3.
Pour avoir la plus belle vue sur le littoral (pour la Côte Bleue), l’Estaque et les Calanques (Pour Cassis) installez-vous dans le train au départ de Marseille, du côté gauche.
La gare de Cassis est à 2,4 km du centre. Il existe un service de navette reliant les deux. Pour Cassis: direction Casino.
Attention que ce soit à Marseille ou à Paris il existe plusieurs gares: Marseille Saint-Charles et Marseille Blancarde, Paris gare de Lyon et Paris Nord. Vérifiez bien vos tickets et pensez pour Paris à prévoir un temps de correspondance suffisant pour aller d’une gare à l’autre. Il faut +/- 5 minutes pour rejoindre Marseille Saint-Charles à Marseille Blancarde (par train ou par métro).
Si vous décidez de prendre le train de nuit pour Paris au départ de Marseille Blancarde je vous conseille d’attendre plutôt en gare de Marseille Saint-Charles et de prendre votre correspondance un peu avant le départ de votre train, cela est plus « sécure », il n’y a rien non plus pour attendre (ni salle, ni nourriture…) à Marseille Blancarde (juste les quais!).
Il y a un service de bagageries à Marseille Saint-Charles « Bag Mobile », niveau 0 près du Starbucks Boulevard Maurice Bourdet 15-21, il faut juste sortir de la gare et il se trouve sur votre droite.
Jour 1: Bruxelles
Hum, quel moyen vais-je utiliser cette fois pour partir de chez moi? Le balai volant de la sorcière? Les bottes de sept lieues du Petit Poucet? Le chat-bus de Totoro? La citrouille de Cendrillon? Le parapluie de Marry Poppins? Le Poudlard Express d’Harry Potter? Les sandales ailées d’Hermès? Le tapis volant d’Aladin? Tout semble si tentant! Mais je crois que je vais me contenter, pour cette fois, de prendre la poudre d’escampette! C’est bien aussi la poudre d’escampette, elle vous emmène aussi loin de manière aussi efficace! 😉
Cette fois je décide de partir seule pour me reconnecter à moi-même, une semaine « spéciale moi » où je vais pouvoir vivre à mon rythme et faire ce qu’il me plaît!
Mon train démarrant tôt le lendemain, je décide de passer la nuit à Bruxelles et tant qu’à faire j’arrive plus tôt pour profiter d’un petit tour dans la capitale. Direction la prestigieuse Galerie du Roi et de la Reine avec arrêt chez Mokkafe pour y savourer un cappuccino bien crémeux. A deux pas de là la librairie Tropisme m’appelle, je flâne à la recherche d’un coup de coeur pouvant m’accompagner durant ce voyage. Je passe ensuite devant la Grand-Place, on ne s’en lasse pas! Je prendrai un deuxième café au Roy d’Espagne. J’ai faim et je décide de pousser la porte du Cirio, brasserie emblématique de la ville au Style Art Nouveau. Au menu: soupe waterzooi, spécialité de notre plat pays! J’hésite entre un tour du côté des Halles Saint-Géry et la Place Sainte-Catherine, une gaufre chez Dandoy ou Chez Gaston, allez hop: « Une gaufre au sucre s’il vous plaît »! Et pour terminer en beauté cette journée je décide d’aller prendre un dernier café à « La fleur en papier doré », l’estaminet fréquenté à l’époque par les surréalistes belges: Magritte, Scutenaire, Mariën mais aussi COBRA ou Hugo Claus… Ce lieu est élu « Meilleur café d’Europe »! On s’y sent bien, l’ambiance feutrée et paisible de cette fin d’après-midi permet de savourer pleinement sa boisson tout en admirant les innombrables oeuvres pendues aux murs de l’établissement. Il est temps pour moi de rejoindre mon hôtel, allez une fois, promis je reviendrai!
Jour 2: Départ de Bruxelles pour Marseille
Il est 5H30, je suis prête! Nuit paisible sans trouver le sommeil profond, literie digne d’une reine, j’y serais bien restée tant je m’y sentais bien mais le Sud m’appelle!
Allez, une petite devinette pour la route! Savez-vous pourquoi la gare de » Bruxelles-midi » s’appelle ainsi? Tout simplement parce qu’elle desservait à son origine principalement le midi de la France!
A cette heure il n’y a pas grand monde, drôle d’impression pour une gare habituellement grouillante de monde.
Je suis dans le train, prête au départ!
Marseille
Marseille, 12h24. Le train a roulé à vive allure: 297km/h, à cette vitesse, pas étonnant qu’ il traverse toute la France en une matinée! Arrivée à l’heure prévue! Adieu grisaille!!! Après les maisons aux toits rouges comme en Allemagne ou en Suède, de l’ocre! Après le brouillard et le froid de la Belgique, le grand soleil et le chaud. Après les champs de colza, les sapins et les bouleaux: les champs de lavande, les chênes, les cyprès et les pins. Après les bocages, la garrigue! Au Sud je vais, au Sud je suis! Les klaxons, l’accent, l’odeur de poisson: j’y suis! Aux enseignes je lis: « La sardinade », « Le petit Tunis », le Sud je vous dis! Mince, j’ai oublié mes lunettes de soleil! Je suis éblouie!!! Marseille!
A peine débarquée du train je ne résiste pas je me pose dans l’un des plus vieux cafés de la rue Canebière datant de 1927, « Torréfaction de Noailles« : « Un crème s’il vous plaît »! Installée au comptoir j’écoute et je savoure autant mon café et mon calisson que cette gouaille marseillaise!
Je rentre chez Saladin, véritable caverne d’Ali Baba où l’on peut trouver toutes les épices du monde, accueil chaleureux où en un instant je suis entrainée dans un échange entre une Marocaine et un Marseillais. Petits conseils de recettes maison de l’une, de l’autre j’apprendrai qu’il a planté les arbres autour de la gare St Charles et pour finir on blague avec le patron! Comme ça fait du bien la simplicité, les gens avenants, ici on se parle, on se sourit, on échange, on rigole, peu importe que l’on se connaisse ou pas, cela fait à peine 1h30 que je suis à Marseille et je n’ai pas cessé d’être engagée dans des échanges de-ci, de-là! Le Sud!
Alors Marseille, ville de tous les dangers? Au café, le personnel échange sur une pharmacie qui a pris feu cette nuit. Chez Saladin un autre explique s’être sauvé de Marseille car il en avait marre des voleurs mais avoue y revenir souvent car il adore cette ville! A la radio, pareil. On y parle de Marseille et de méfaits, une ambulance et la police traversent en trombe… Bon. Mais Marseille gagne à être connue, c’est une ville qui ne peut être réduite à ce seul visage et je m’y sens bien…
Il est passé deux heures, je m’arrête à « L’Èpicerie l’Idéal » pour manger un petit bout. Cuisine simple, typique et savoureuse! Je me régale!
Il est temps pour moi de m’enregistrer à l’hôtel The Babel Community pour ensuite entamer la deuxième partie de la journée! Un petit café et me voilà en route pour le Vieux-Port et le quartier du Panier! Les façades sont belles même (surtout!) les plus vieilles!
L’Ombrière de Norman Foster est incroyable, quelle belle trouvaille! Ici au port ça sent la vase, ça sent bon la mer et les goélands se font entendre. On joue partout du rap, ça engueule d’une voiture: « ****** »! Mais je me sens bien. Peut-être parce que cette ville, certes un peu folle, est pleinement vivante et que cela fait du bien! Le quartier du Panier regorge de petites ruelles charmantes, ça sent la fleur d’oranger dans toute la rue Caissière où l’on fabrique les fameuses Navettes des Accoules, parfumées avec cet hydrolat, (c’est vraiment bon!).
Je suis allée voir l’atelier de Marcel Carbonel, Meilleur Ouvrier de France et fabricant des véritables Santons de Provence. M’étant levée tôt sans avoir vraiment dormi j’accuse un peu le coup, il est 19h, je mangerai sur les toits de l’hôtel, fabuleux rooftop « Ciel » où la vue sur Marseille est tout simplement incroyable 🤩! Marseille? Un vrai coup de cœur!
Jour 3: Marseille, la Côte Bleue et départ pour Cassis
Marseille
Réveil tôt ce matin, je suis impatiente d’y aller. J’aime me promener quand tout dort encore ou se réveille à peine. Goûter au calme avant l’effervescence, observer la ville et ses habitants qui s’organisent. Avoir la rue entière pour moi seule ou presque. On y voit mieux! La lumière est belle ce matin, pleine de promesses!
Je m’arrête « Au fournil d’Aubagne » pour prendre de quoi me sustenter. Au pays des viennoiseries un croissant ou un petit pain au chocolat sont à 1€! Et quel délice!
Et maintenant que fait-on?
C’est clair: accueillir ce que la vie ou les personnes ont à m’offrir. Me satisfaire de ce qui me sera donné. Goûter aux plaisirs simples, ne surtout pas courir vers le parfait et conjuger le temps au présent. Laisser vagabonder mon esprit sans qu’il ne soit sans cesse interrompu par l’un ou par l’autre. Ecouter les oiseaux discuter, les arbres chanter avec le mistral, la mer clapoter. Avoir les yeux rincés à force de la regarder. Goûter au silence. Barouder, vagabonder, déambuler, me laisser emporter le long de la Côte Bleue et sur les chemins des Calanques. Être louve parmi les loups revenus vivre ici depuis peu. Savourer l’ombre et la fraîcheur des petites ruelles, m’extasier à la découverte de charmantes petites cours intérieures et finir attablée dans un petit port du sud avec le goût du sel et du ciel sur les lèvres, face à la Grande Bleue, l’accent chantant du midi en fond sonore et des mets savoureux dans l’assiette. Fermer les yeux et recommencer.
La Côte Bleue
Tôt ce matin, je monte dans le train mythique de la Côte Bleue. Je m’arrête à Carry-Le-Rouet pour une randonnée d’un peu plus d’une heure le long du littoral pour parcourir un tronçon du fameux « Sentier du douanier » ou « Sentier du Littoral« . J’irai jusqu’ à Sausset-Les-Pins où j’ai repris le train pour à nouveau m’en mettre plein les yeux! L’Estaque de Marseille est impressionnante. Les petits villages charmants, quant aux villas bordant la mer, ma foi elles font rêver!
Marseille
Retour sur Marseille. Avant de rejoindre Cassis je décide d’affronter la montée de Notre-Dame-de-la-Garde pour y admirer le point de vue sur toute la Cité phocéenne. Une pente à 16% durant +/- 30 minutes de marche sous un soleil de plomb autant dire la montée au calvaire! Et nous sommes en octobre je n’ose imaginer en plein été! Mais il est possible de prendre un bus. Me voilà prête à affronter les calanques!
Après l’effort la récompense, je redescends sur le port et m’installe à une table du restaurant La Caravelle pour y manger une bonne salade de tomates/burrata et regarder la vie qui va. Juste devant moi arrivent des gars pour une démonstration de capoeira! Marseille, ville intense!
Cassis
Me voilà arrivée au pays des cigales!
Me revient à l’esprit le moment où j’ai décidé que je viendrais à Cassis. Sentant le besoin de m’évader d’une certaine monotonie au travail j’ai cherché via un moteur de recherche: « Où puis-je aller à maximum 5h de Bruxelles »? La proposition est tombée: le Sud par le tgv inoui Bruxelles-Marseille. J’ai découvert les photos incroyables des Calanques et je me suis dit instantanément: j’y vais! Et m’y voilà aujourd’hui!
Ma première impression de Cassis est mitigée. Certes c’est un bel endroit mais elle a un petit côté « m’as-tu-vu ». Je commence à comprendre que ce n’est pas le centre de Cassis (à prononcer sans le s de la fin!) qui est la pépite mais bien ce qui l’entoure!
Beaucoup de monde encore ce dernier we de septembre car je tombe au moment des « Vendanges étoilées » événement dédié à la gastronomie: démonstrations et ateliers de cuisine et de pâtisseries donnés par des chefs étoilés ou Meilleurs Ouvriers de France.
Je termine la journée à la plage, celle de Bestouan, je me pose face à la mer et ne fais plus rien!
« Le travail ne va pas, mais pas du tout. Le pays est trop beau« .
Jour 4: Parc National des Calanques
Réveillée depuis 4h30 du matin, je n’ai plus sommeil. J’attends avec impatience que la journée commence. Un coup d’oeil sur le site du Parc National des Calanques pour voir si on a ou pas l’autorisation d’y aller: feu vert! Pas de risques d’incendie, pas de mistral, 22°, les conditions sont idéales! 7h30: J’ai pris un bon petit déjeuner, je trépigne, je suis prête, je démarre! C’est parti pour 4 heures de marche et +/- 12km dans le Parc National des Calanques!
Les Calanques: l’envers du décor
Si l’on évoque les Calanques, la première chose qui vient à l’esprit, c’est ce cadre exceptionnel, protégé, ses eaux limpides, paradisiaques, en clair, un des plus beaux endroits de la Méditerranée. C’est aussi, hélas, un des lieux les plus pollués. Au sein du parc national des Calanques, se trouve la Calanque de Cortiou d’où se déversent les égouts de Marseille. Jusqu’il y a peu, tout passait directement dans la mer : perturbateurs endocriniens, hydrocarbures, contaminants cancérigènes, pesticides, détergents non biodégradables… La région a été sommée de se mettre aux normes européennes mais une eau claire n’est pas forcément une eau pure ! La source de pollution n’est pas pour autant stoppée. Lors d’orages la station d’épuration n’hésite pas à ouvrir les vannes et laisse passer les eaux usées sans les traiter. Etonnant pour un espace naturel protégé! De 2015 à 2021 le parc a créé des récifs artificiels pour tenter de faire revenir la vie marine et pour les réaliser, a coulé plus de 300 tonnes de béton au fond de l’eau pour un résultat, au final, plus que mitigé ! A 100 mètres de la plage de Cassis, en pleine zone de baignade se trouve une canalisation située à 5 mètres de profondeur qui rejetait jusqu’en 2016 excréments et détritus en tous genres faisant prendre un risque sanitaire important aux baigneurs. Depuis ces eaux sont traitées mais sont toujours rejetées, prudence donc ! Autre source de pollution l’usine de Gardanne, située à 20’ de Marseille. Durant ces 50 dernières années elle a déversé dans l’eau des Calanques des boues rouges venant d’Afrique utilisées pour fabriquer nos appareils informatiques… et contenant des déchets toxiques. En tout 2 millions 200 tonnes d’aluminium, 9 millions 300 mille tonnes de fer, 1700 tonnes de plomb et 20.600 kg d’arsenic ont été déversés en mer. C’est une zone qui aujourd’hui est extrêmement difficile à dépolluer où la pêche n’est plus possible. Les déversements en mer ont été arrêtés depuis quelques années mais les boues sont désormais stockées sur le sol à proximité de l’usine et continuent à être sujettes à l’érosion et au ravinement. La pollution des Calanques remonte déjà au 19ème siècle où de nombreuses usines métallurgiques et chimiques s’installèrent (usines de soufre, de soude pour fabriquer les fameux savons de Marseille, de pétrole, de plomb…). L’usine de l’Escalette par exemple fabriquait du plomb et rejetait par les cheminées de l’acide sulfurique, tantrique, chlorhydrique, … rendant malades ouvriers et habitants. Les sols et rochers ont depuis un taux de toxicité extrêmement élevé : présence de plomb 6000 fois supérieure à la normale, d’arsenic 1000 fois supérieure. Les scories et déchets en tous genres persistent et n’en finissent pas de continuer à polluer le sol et le milieu marin. Il faut des moyens énormes pour pouvoir tenter de dépolluer les Calanques. Jusqu’ici aucun financement d’envergure n’a été débloqué mais fin de cette année 2025, suite à une condamnation de l’Etat pour « carence fautive », un budget de 14 millions d’euros est enfin prévu pour enlever des métaux lourds et des terres polluées. Il est notamment planifié de vitrifier avec du béton armé certaines routes et terres souillées pour tenter de « neutraliser » la pollution 😥. La prise de conscience environnementale a été plus que tardive. Ces dernières années on tente également de confiner la pollution par l’utilisation de plantes natives mises en terre sur les zones polluées. Reste qu’aucun panneau jusque cette année n’avertit le public, touristes comme habitants, des risques et dangers qu’ils encourent sur ces plages et ces lieux contaminés. C’est une vérité qui dérange toujours ! Petit conseil lorsque vous vous y rendrez, n’emportez pas un de ces petits cailloux noirs qui traînent au sol : ce sont des scories de plomb ! Evitez de vous baigner dans ces eaux cristallines, admirez-les en prenant de la hauteur, c’est si beau ! Surtout ne fumez pas en ces lieux, c’est totalement interdit, vous risquez une amande mais surtout, au-delà de la perte d’un site remarquable et en raison de tout ce passé industriel un feu pourrait libérer à nouveau tous les polluants présents en son sein. Et enfin, si vous voulez contribuer à nettoyer les Calanques, il existe plusieurs associations et actions citoyennes qui œuvrent pour tenter d’assainir cet endroit merveilleux mais si meurtri ! Citons par exemple « Clean my Calanque » ou encore « Calanques propres ». Ceci étant dit, gardez-le à l’esprit mais mettez-le de côté et savourez cet endroit exceptionnel!
Port-Miou
Je tâtonne un peu pour trouver le point de départ pour ce grand tour.
J’ai face à moi des paysages fabuleux qui vont tout au long de la randonnée me remplir d’émotions tant c’est beau! Quel cadeau la vie me fait! Quel cadeau je me suis fait! J’ai eu cette chance incroyable de pouvoir faire cette promenade absolument seule, dans le silence avec juste les sons de la nature: clapotis de l’eau, chants des oiseaux et le roulis des cailloux sous mes godillots. La lumière du matin sublime la roche et le paysage. Tout est absolument merveilleux.
Port-Pin
Je crois que je me suis laissé transporter et emporter par toute cette beauté, enivrée par la senteur des pins, j’en ai oublié de regarder le balisage sur les pierres! Je commence à me dire que cela fait un moment que je n’ai plus vu la ligne bleue sur l’un ou l’autre caillou! Je continue encore un moment mais ma petite voix commence à parler un peu plus fort! Ok, encore quelques mètres pour voir… non décidément je sens qu’il faut faire demi-tour! Je repars donc en sens inverse sur un bon demi-kilomètre, en effet je n’étais pas sur le bon sentier! On va dire que j’ai eu un petit bonus!!!
En-Vau
La calanque d’En-Vau, ça se mérite! Notre-Dame de la Garde c’est du pipi de chat comparé à la descente abrupte et ensuite, la remontée ardue de cette calanque mais mon dieu que cela en valait la peine! Elle est d’ailleurs considérée comme une des 100 plus belles au monde!
Je n’ai pas résisté j’ai mis mes pieds (juste mes pieds!) dans l’eau! Il paraît qu’ici elle est d’excellente qualité ![]()
Je rentre sur Cassis fatiguée mais heureuse du chemin parcouru!
Je décide de prolonger cette découverte mais cette fois par bateau, ce ne sera pas trois calanques mais neuf que j’admirerai de la mer! 2h20 de croisière via la Compagnie « Gie des Bateliers Cassidens« . Le bateau me berce, je suis réveillée depuis 4h30 ce matin, après tant d’efforts je sens le coup de pompe arriver! Au final j’aurai préféré la découverte du matin par la terre!
Jour 5: Cassis et La route des Crêtes
Cassis
Ce matin petite randonnée sur Le sentier du Petit Prince. C’est en effet ici dans les calanques qu’on découvrit l’épave de l’avion d’Antoine de St Exupéry.
Balade tranquille au petit matin, le paysage pour moi seule à hauteur de Port-Miou. Pour la petite histoire, les romains utilisaient déjà cette calanque comme zone de mouillage pour leurs navires. A l’abri du vent elle fut et est un port prisé.
Le visage actuel du Massif des Calanques est principalement dû à l’activité humaine. Jusqu’au siècle dernier et depuis l’Antiquité, ces falaises étaient autant de carrières exploitées pour leurs pierres calcaires. La pierre de Cassis est particulièrement résistante et très esthétique. On la retrouve dans la construction du port d’Alexandrie, de celui de Marseille, les escaliers de la gare St Charles, le canal de Suez, le socle de la Statue de la Liberté à New York, …
Elle fut également utilisée au siècle dernier pour la fabrication de la chaux, de l’oxyde de calcium et de la soude caustique. Ce fut un Belge à l’origine de cette exploitation industrielle à Port Miou: Ernest Solvay, c’est lui qui a mis au point un procédé de fabrication de soude rentrant notamment dans le processus de fabrication du savon de Marseille mais aussi du gaz de moutarde!
La Route des Crêtes
J’avais prévu d’aller à pied jusqu’à La Ciotat par la Route des Crêtes: 4 heures de marche en tout. Mais ce matin sentant une baisse de régime j’ai pris la décision de rester à Cassis et de flâner. J’ai emporté mon livre, me suis assise au phare face à la mer laissant mes yeux se balancer du livre à l’eau et de l’eau au livre. Cela m’a fait du bien…
Après avoir mangé, l’envie me prit de monter jusqu’au château pour y admirer le point de vue panoramique. L’endroit est paisible. À nouveau, dès que l’on se décentre, on ne rencontre plus personne. Les ruelles sont belles et je décide de continuer à vadrouiller. Tant et si bien que je me retrouve… sur la Route des Crêtes! Hum, trop bête je suis en ballerines… Mais c’est si beau, si tentant!!! Encore 100 mètres et puis j’arrête! Allez, encore jusqu’au tournant et puis promis j’arrête, c’est pas sérieux! Je me mords les doigts de ne pas avoir mes bottines. Après une heure de marche, arrivant dans la montagne je ne peux raisonnablement pas continuer et je fais demi-tour. Trop bête, les paysages sont à couper le souffle! Bon j’aurai au moins eu un petit aperçu… Notamment sur les coteaux du vin de Cassis et de belles villas!
Jour 6: Cassis et retour sur Marseille
Dernière journée dans le Sud. Ce soir je prends le train de nuit à Marseille Blancarde pour Paris.
Mercredi c’est jour de marché que ce soit à Cassis avec son célèbre Marché Provençal ou Marseille avec le Marché bio du Cours Julien. J’aime l’ambiance et le côté vivant de ces lieux. Je décide de m’acheter du raisin. Une petite dame à côté de moi me conseille (à lire avec l’accent marseillais!): « Si ça avait été la semaine passée je vous aurais dit de prendre le blanc mais là je vous conseille de choisir le bleu! ». Je l’écoute et je me régale! Le muscat fond littéralement en bouche, un pur délice! Je continue et me rends quelques rues plus loin vers le Marché de Noailles, marché populaire aux milles couleurs et saveurs! Et enfin je ne résiste pas à retourner voir les pêcheurs sur le port! Quels plaisirs de les écouter avec leurs accents chantants et leur franc-parler et quelle fascination de les voir découper leurs poissons!
Il est temps pour moi de me diriger vers La Corniche où la vue sur le grand large, L’Estaque, le château d’If et les Îles du Frioul est grandiose!
Je décide de me poser dans le quartier du Vallon des Auffes un gros rocher en bord de mer m’invite, je n’ai plus qu’à me laisser rêvasser. L’endroit est paisible et si charmant! Il est presque 15h. Je n’ai pas encore vraiment faim mais le temps passe vite! Je m’arrête « Chez Jeannot » pour y manger une pizza.
Départ pour Paris en Train de nuit
Etant seule sans enfants, j’avais envie de tester le train de nuit avec une réservation dans un compartiment pour femmes seules. Cela me permettait aussi de rester plus longtemps sur Marseille et ce pour un prix vraiment léger: 37€!
Il est passé 20h je décide de me rendre à Marseille Blancarde pour prendre mon train de nuit prévu à 21h30. Pas de chance il aura plus de 40 minutes de retard et il n’y a absolument rien sur place pour attendre. Je suis la seule femme sur le quai pour le moment. Tout va bien, dehors c’est peut-être autre chose! Heureusement l’agent de sécurité vient discuter un moment avec moi puis vient un corse qui prendra lui aussi le train de nuit, nous finissons par entamer la discussion le temps est finalement passé plus vite!
Une fois dans le train les trois autres filles de mon compartiment sont toutes déjà couchées et dans le noir, pas facile de s’installer sans trop déranger! Aïe aïe, une des femmes est malade et n’arrêtera pas de tousser et moucher, une autre ronfle et la troisième n’est vraiment pas sympa, elle ne veut pas que la porte soit fermée parce qu’elle veut pouvoir aller facilement aux toilettes et ne veut rien entendre ce qui insécurise une des autres filles! Je les laisse discuter… Bref je n’aurai guère dormi et je croise les doigts pour ne pas avoir attrapé les misères de la femme! Par contre c’est sûr je reviens avec de nombreuses piqûres de punaises de lit sur les jambes, beurk!!! Au final je me dis que j’aime quand même mieux payer plus cher et avoir mon propre compartiment et un peu de confort! Mais une expérience n’est pas l’autre!!!
JOUR 7: Paris et retour sur Bruxelles
Ce matin je vais la jouer tranquille. Je vais me poser dans un premier café très charmant Café Tripletta Latin pour me réveiller avec un petit crème avant de découvrir la toute aussi charmante rue Mouffetard. Je repars en direction de la Gare du Nord en passant par le Canal St Martin que j’aime tant et un dernier lieu à l’ambiance atmosphérique: le Café Charbon.
Me voici arrivée à bon port. L’Eurostar est à l’heure. Mon voyage se termine. Il fut riche et intense. Je suis fatiguée mais pleine de gratitude.
Mes gros coups de coeur
Marseille
Café Torrefaction Noailles, le Vallon des Auffes, le port, la gentillesse des marseillais!
Parc National des Calanques
Faire la balade très tôt au matin, magnifique!
Route des Crêtes
pour le peu que j’en ai vu: des vues de toute beauté!
Cassis
Prendre mon café chaque matin au Bar de la Marine face au port, y observer les pêcheurs (marché aux poissons tous les matins à partir de 9H) et écouter l’accent du sud!
Mes Adresses préférées et petits conseils
Bruxelles
Mokafe: Galerie du Roi 9 (J’aime bien aussi Le Pain Quotidien juste à côté)
Tropisme: une des meilleures librairies de Bruxelles dans un bâtiment prestigieux, Galerie des Princes, 11.
Cirio: Brasserie Art Nouveau, rue de la Bourse 18.
Dandoy: Gaufres, Rue Charles Buls 14 (plusieurs adresses).
Jetez un regard à la peinture à côté du comptoir représentant la rue Haute, le coeur des Marolles, quartier populaire et haut en couleur de Bruxelles. Jetez également un coup d’oeil à la signature, clin d’oeil à notre belgitude!
Chez Gaston: Gaufres, Quai aux Briques 86
La fleur en papier doré: Rue des Alexiens 55.
Meininger Hôtel: à 5′ de la gare de Bruxelles-Midi, rue Bara 101
Marseille
Café Torrefaction Noailles: La Cannebière 56
Saladin: Epices du monde, La Cannebière 72
Epicerie L’Idéal: rue d’Aubagne 11
Atelier Marcel Carbonnel: Fabrication de Santons, Meilleur Ouvrier de France, rue Neuve Sainte-Catherine 47
Maison Empereur: Rue des Récolettes 4, on y trouve tout et que de la qualité!
Les navettes des Accoules: Rue Caisserie 68
La Caravelle: Restaurant Quai du Port 34
Chez Jeannot: Rue du Vallon des Auffes 129 (Chez Fonfon au no 140 était fermé!)
The Babel Community Hôtel: à deux pas du Vieux Port de Marseille, rue Haxo 21. Superbe rooftop: Ciel.
Bon à savoir
Une fois arrivés en gare de Marseille, dirigez-vous sur le Parvis pour y admirer la vue sur la ville! Belle entrée en matière!
Vous pouvez prendre le Ferry Boat pour aller du Vieux-Port au Panier!
Cassis
Hôtel Le Golfe: pour sa vue sur le Port et le Cap Canaille, Place du Grand Carnot 3.
Bar de la Marine: Quai des Baux 5
Boulangerie Lion: Rue Dr. Séverin Icard 28.
Gie des bateliers cassidens: croisières en bateau pour les Calanques, Quai Saint-Pierre.
Monsieur Praline: Rue Brémond 9
Bon à savoir
Pour le Parc National des Calanques je vous conseille vivement de partir tôt, au lever du soleil.
Pensez à vérifier avant le départ que vous avez le feu vert pour y aller: https://www.calanques-parcnational.fr/fr/acces-calanques-risque-incendie
Le départ de la randonnée dans les Calanques se fait via l’Avenue Notre-Dame. Toute la randonnée est bien balisée on ne peut pas se perdre (si on est attentif au balisage!)
Comptez 15′ de Cassis pour vous rendre à Port-Miou, de Port-Miou pour Port-Pin: 30′ et de Port-Pin pour En-Vau: 1h15. A/R cela vous prendra +/- 4H.
Si vous le désirez il existe une carte IGN et topographique, GR 98-51.
Emportez suffisamment d’eau et un pique-nique.
Pour la Calanque de Port-Miou vous pouvez faire un petit détour de 150M en direction de la pointe de Cacau pour découvrir « Le trou du souffleur » ou « La narine de Neptune »: une faille dans la roche produisant un bruit insolite. Placez-y un morceau de bois, des aiguilles de pin ou autres et écoutez!
Pour la partie de Port-Pin deux choix s’offrent au randonneur. Je conseille de prendre le sentier panoramique pour l’aller. Il longe le littoral et est balisé en bleu. Et pour le retour prennez le chemin forestier vous serez davantage à l’ombre au moment où il fait plus chaud.
Pour la Calanque d’En-Vau pensez qu’elle passe vite à l’ombre l’après-midi, mieux vaut la faire du matin.
Pour la croisière en bateau je vous conseille de faire le grand tour (8 ou 9 Calanques) pour avoir une belle vision d’ensemble.
Plage du Bestouan: petite plage de Cassis agréable, moins de monde.
Paris
Café Tripletta Latin: Rue de l’Arbalète 2 bis
Café Charbon: Rue Oberkampf 109.
Ce que je n’ai pas fait et que j’aurais aimé faire
Marseille
Le Mucem, l’Estaque.
La Ciotat
Hors saison l’accès n’est pas facile en transport en commun, il faut prendre une navette pour aller de Cassis à sa gare, pareil pour rejoindre La Ciotat et idem pour le retour! Il existe des bus en haute saison. Il aurait fallu le faire à pied via la Route des Crêtes mais pour cela mieux vaut partir tôt!
La Route des crêtes
Vous pourriez être tentés par d’autres circuits en train via ce lien.
N’hésitez pas à lire mon article « Livres pour voyager et s’inspirer« , vous y trouverez quelques pistes pour vous imprégener des lieux avant de partir…
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